Dune, avis au marchand de sable

Dune, avis au marchand de sable

En l’an 10191, le duc Leto Atréides (Oscar Isaac) reçoit en fief la planète désertique Arrakis, qui produit une épice facilitant les voyages interstellaires et prolongeant la vie humaine.

Il s’y rend avec son épouse, dame Jessica (Rebecca Ferguson), son fils Paul (Timothée Chalamet) et sa garde ducale. Là, ils vont rencontrer le peuple autochtone des Fremen, qui attendent le Mahdi, le messie. Le clan des Harkonnen, esclavagiste, ne va pas se laisser chasser sans lutter. Les lecteurs du roman de Frank Herbert semblent satisfaits de cette adaptation cinématographique et c’est bien là l’essentiel, tant il est difficile de transcrire un roman pour le cinéma.

Une adaptation casse-dents

David Lynch, qui a sorti une version de Dune en 1984, regrette d’avoir tenté l’exercice et a depuis renié ce film. Les réalisateurs Peter Berg (en 2007) et Alejandro Jodorowsky (en 1970) ont finalement renoncé à ce projet. L’échec du second est d’ailleurs raconté dans un film documentaire intitulé Jodorowsky’s dune, qui démontre qu’une intention ne suffit pas, même avec les meilleurs comédiens du monde. Une bonne leçon que Denis Villeneuve, le réalisateur canadien de ce Dune de 2021, aurait dû retenir.

Rampling et Chalamet illuminent le film

La distribution de ce film est grandiose et il faut souligner la prestation de Charlotte Rampling en professeure sadique et celle de Thimothée Chalamet en héritier d’un monde qu’il ne connaît pas. Pourtant, le talent ne peut porter un film à lui seul. Il manque à ce casting de rêve une ligne directrice, une bonne mise en scène.

Un film esthétique voire esthétisant

Oui, la scène est superbe : les décors grandioses, les vastes horizons sablonneux se multiplient. Oui, la lumière est sublime, presque magistrale grâce au travail titanesque du photographe Greig Fraser qui a créé des tableaux esthétiques voire esthétisants. Le problème est bien là : cette esthétique est davantage celle d’une toile, inanimée. Imaginez observer une toile, même de maître, pendant 2h36 et l’ennui risque de vous ensevelir dans les sables du temps pour vous conduire dans les bras de Morphée. Le pire est que toute cette pellicule n’est qu’une première partie. «Ce n’est que le commencement » prévient le héros après deux heures de film.

L’ornithoptère est une vision de l’hélicoptère du futur

Tourné en Hongrie (plateaux et extérieurs à Budapest), en Norvège (la planète Caladan), en Jordanie (sites naturels) et à Abu Dhabi (la planète Arrakis), le film Dune a coûté 165 millions de dollars ! Il faudra que la première partie soit un vrai succès pour la seconde partie soit tournée. Au milieu de la débauche de moyens, quelques pépites émergent du film, dont quelques accessoires pensés par le chef décorateur Patrice Vermette. Ainsi, les ornithoptères, immenses véhicules volants pourvus d’ailes qui peuplent les cieux d’Arrakis. C’est un croisement entre un hélicoptère et une libellule voire un colibri. A contrario, les fans de la série The Mandalorian n’auront pas été impressionnés par le ver des sables, qui dans le film apparaît moins impressionnant et plus poussif. Pour Denis Villeneuve, «Dune est comme un avant-goût, un hors-d’oeuvre de la deuxième partie qui reste à venir, et qui sera le plat principal». Espérons que le marchand de sable ne passe pas avant l’arrivée de ce plat. Notez que le format Imax a été privilégié pour le tournage et le voir dans cette salle à Casablanca est certainement un plus. Le film est aussi programmé dans les complexes Megarama du Maroc.

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