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Vivaldi Operas : Les plus beaux airs des opéras de l’Edition Vivaldi
Longtemps après la redécouverte inespérée de son œuvre au début du XXe siècle, Vivaldi est demeuré à la fois l’un des compositeurs classiques les plus célèbres, adopté par un public enthousiaste vite conquis par quelques concertos, mais aussi l’un des compositeurs les moins connus, justement parce que son œuvre immense fut vite réduite à ces quelques "tubes", en particulier les Quatre Saisons. Il fallut notamment attendre la toute fin du XXe siècle pour commencer à entendre ses opéras, pourtant d’une incroyable richesse, rarement égalés dans leur intensité dramatique et leur beauté musicale. Et c’est 250 ans après la représentation de son dernier opéra que l’Edition Vivaldi a permis d’enregistrer des œuvres aussi essentielles que L’Olimpiade, La Verità in cimento, Orlando finto pazzo ou l’opéra sacré Juditha triumphans, avant une quinzaine d’autres dans les prochaines années. Ces quatre chefs-d’œuvre, par leurs airs admirables et le succès qu’ils ont rencontré auprès d’un public de plus en plus large valaient bien que l’on consacre un disque à leurs plus belles pages.
D’autant plus que les interprétations qu’en donnent Jean-Christophe Spinosi avec l’Ensemble Matheus, Rinaldo Alessandrini avec le Concerto Italiano, Alessandro De Marchi avec l’Academia Montis Regalis, et les fabuleux chanteurs que sont Magdalena Kozená, Sara Mingardo, Gemma Bertagnolli, Sonia Prina ou Philippe Jaroussky, sont déjà des enregistrements de référence.

Elgar : Concertos pour violoncelle
Une petite trentaine d’années sépare les concertos pour violoncelle et orchestre de l’Anglais Sir Edward Elgar (1857-1934) et ceux de l’Américain Samuel Barber (1910-1981). Elgar compose son dernier chef-d’œuvre orchestral en 1919, juste après le catastrophe de la Première Guerre mondiale qui détruit à jamais le monde qu’il avait connu ; Barber met un point final à son concerto en décembre 1945, après avoir terminé son service militaire dans l’armée de l’air américaine. Les deux œuvres ont en commun un romantisme, une nostalgie intense qui les situent hors de leur temps. La qualité première qu’elles exigent de l’interprète, au-delà d’une maîtrise totale de l’instrument utilisé parfois aux limites de ses possibilités, est donc une sensibilité extrême à leur climat émotionnel. Le concerto d’Elgar a trouvé des interprètes à sa hauteur, qui en ont fait un des incontournables du répertoire pour violoncelle; le non moins beau concerto de Barber est resté méconnu à ce jour. C’est dire l’intérêt de ce nouveau couplage des deux par Anne Gastinel, qui a déjà démontré sa sensibilité à fleur de peau dans les grands concertos, de Haydn à Dvorak, en passant par celui de Schumann. Avec elle nous découvrons ici un sommet d’émotion à l’égal de l’Adagio pour cordes du même Barber et un éclairage fascinant sur l’œuvre d’Elgar. Des interprétations qui feront date, accompagnées par l’un des meilleurs orchestres britanniques sous la direction du jeune et brillant chef Justin Brown, et captées dans la superbe acoustique de Symphony Hall à Birmingham, une des meilleures au monde.

Blige mary J : Mary
L’esprit de Stevie Wonder et de la soul de la fin des années 70 plane sur ce disque. Sans renier son appartenance au hip-hop (elle rappe avec Jay-Z, Busta Rhymes), Mary J Blige ouvre son monde musical tout en remontant aux sources du gospel et du doo-wop ("All That I Can Say"). Des invités prestigieux (Lauren Hyll, Elton John, Eric Clapton, Aretha Franklin…) accompagnent cette volonté d’émancipation. Affranchie d’un certain style de vie et des abus qui avaient marqué l’album My Life, Mary J Blige s’affirme dans Mary comme une artiste mature et pop dont l’insolence est le signe de la liberté.

The very best of Charles Ray
Jazz, soul, rock’n’roll, country, rhyth-m’n’blues, music hall : Ray Charles a touché à tous les styles musicaux ou presque, et souvent en avance sur son époque. Puisqu’il faut bien choisir, cette compilation s’intéresse surtout à la période rhythm’n’blues du Genius. C’est l’époque de ses plus grands classiques comme "What’d I Say", un rock aussi électrisant et nerveux que les premiers succès d’Elvis chez Sun. Avec ce morceau, il peut se vanter d’avoir écrit un des riffs les plus connus de l’histoire du rock avec ceux de "Satisfaction" et "Smoke On The Water". L’idée de génie de Ray Charles fut de détourner la ferveur du gospel, sa charge émotionnelle et son swing vers des sujets profanes (cf. "I Got A Woman" ou "Hallelujah I Love Her So"). Plus tard, après son départ d’Atlantic, il obtint le succès surtout avec des ballades sentimentales comme la très célèbre "Georgia On My Mind" de Hoagy Carmichael. Ses interprétations d’alors, chaleureuses et veloutées, suscitaient l’admiration de Frank Sinatra entre autres concurrents.

Chœur accentus : transcriptions pour chœur d’œuvres de Bach, Berg, Chopin.
Le pari était risqué : les transcriptions n’ont jamais eu bonne réputation pour les mélomanes puristes, et le chœur de chambre Accentus eût pu voir sa flatteuse renommée écornée. Heureusement, il n’en est rien, si l’on excepte la transcription vocale de la Sonate opus 58 de Chopin, tant la musique pour piano du Polonais s’accommode mal de ce "grand écart" pour le moins audacieux. Le voyage initié par ce groupe de chanteurs cornaqué par Laurence Equilbey demeure passionnant : une odyssée au long cours, au paysage musical varié, où chacun pourra butiner à sa guise.

Raphael : Hôtel de l’univers
Une mère argentine et un père moitié russe, moitié marocain, Raphael a grandi à Paris où il a commencé le piano à l’âge de quatre ans. C’est peut-être pour cela qu’il préfère parler de musique et uniquement de musique. Le jeune artiste renoue avec la tradition du song-writing à l’américaine. À la fois revendicatif ("Choisis ton camp") et tendre ("T’apporter mon amour", "Libre service"), il nous entraîne dès les premières secondes sur de haletants accords de guitare. Et ce n’est pas un hasard si son premier album vibre autour de réminiscences pop et rock. Plongé très jeune dans l’univers de Bowie, Iggy et autres Lou Reed, Raphael décline ses compositions sur d’étourdissants gimmicks (qui rappellent de temps à autre, le déferlement électrique du groupe Noir Désir). Avec une mention toute spéciale pour "Cela nous aurait suffi" qui sent le tube à plein nez. Qu’on se le dise.

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