Etude
Selon une analyse stratégique sur les industries culturelles qui met en lumière les besoins de financement et les opportunités de croissance du secteur d’approche de la Coupe du monde, l’économie créative marocaine dépasse les secteurs de la santé et des services financiers en matière de création d’emplois. En voici les détails !
La Société financière internationale, membre du Groupe de la Banque mondiale, a présenté une analyse stratégique des Industries culturelles et créatives (ICC). Le rapport met en évidence leur poids économique, leurs dynamiques de croissance et les leviers nécessaires à leur montée en puissance. Intitulé «Assessment of the Creative and Cultural Industries (CCIs) in Morocco: Market Challenges, Opportunities, and Recommendations», ce rapport réalisé avec la contribution de la Fédération des industries culturelles et créatives (FICC) révèle que les ICC marocaines affichent une dynamique de croissance plus forte qu’anticipée. «Les Industries créatives et culturelles du Maroc s’imposent comme l’un des moteurs de croissance les plus dynamiques du pays», souligne David Tinel, manager régional de l’IFC pour le Maghreb. Et d’ajouter : «Cette analyse, fondée sur des données de marché robustes et développée en étroite collaboration avec les institutions marocaines, offre une base claire pour mobiliser les investissements et accompagner la structuration du secteur à grande échelle».
Pour sa part, Neïla Tazi, fondatrice et présidente d’honneur de la FICC, a affirmé que «derrière chaque talent se trouvent des emplois. Ce secteur est porteur de promesses et s’affirme déjà comme une réalité économique en construction. Le moment est venu d’avoir l’audace d’en faire une priorité. Cette étude fournit un socle solide pour ancrer pleinement les ICC dans l’agenda des politiques publiques. Elle consacre un véritable changement de regard, désormais porté par une nouvelle génération d’acteurs».
Vecteur majeur d’insertion pour les jeunes
En 2022, les ICC représentaient 2,4% du PIB, un niveau comparable à des secteurs à forte intensité capitalistique comme les industries extractives ou la logistique. En 2023, elles ont généré plus de 116.000 emplois, dépassant ainsi les secteurs de la santé et des services financiers, et produit près de 43 milliards de dirhams de revenus, en hausse de 18% par rapport à l’année précédente. Le secteur se distingue également par sa contribution à l’inclusion économique : les femmes y occupent 34% des emplois et les ICC constituent un vecteur majeur d’insertion pour les jeunes. Malgré ce potentiel, le financement demeure un frein structurel.
En 2021, les ICC ont capté moins de 0,5% du crédit total aux entreprises au Maroc, avec seulement 3% des entreprises créatives ayant accès à un financement externe. Cette situation s’explique à la fois par une faible structuration de la demande et par une perception de risque élevée du côté des institutions financières, en l’absence de produits adaptés.
L’étude met en avant plusieurs filières à fort potentiel, notamment la mode et le design (croissance de 46 % en 2023), les événements et arts vivants (revenus multipliés par plus de deux), le patrimoine et le tourisme culturel (+31 %) ainsi que les métiers d’art (+18 %). Elle souligne également l’effet catalyseur que représente la co-organisation de la Coupe du monde 2030 pour accélérer l’internationalisation du secteur et attirer des investissements, notamment dans l’audiovisuel.
Ce que recommande le rapport
Le rapport a livré également plusieurs recommandations clés telles l’élaboration d’une stratégie nationale dédiée aux ICC, le développement de réseaux d’incubateurs et de hubs créatifs, la mise en place de mécanismes de financement adossés à la propriété intellectuelle, le renforcement du cadre juridique et de gouvernance, ainsi que l’accompagnement des entreprises créatives en matière de structuration financière.
Pour rappel, cette étude a été réalisée en étroite collaboration avec plusieurs institutions nationales, notamment : le Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’Observatoire marocain de la très petite, petite et moyenne entreprise (OMTPME), qui a joué un rôle central dans la structuration et l’analyse des données au niveau des entreprises, et Tamwilcom. La Fédération des Industries culturelles et créatives de la CGEM a joué un rôle central dans le lancement de l’étude, la structuration des échanges avec les acteurs du marché et dans l’ancrage stratégique du rapport. L’évaluation a été menée en collaboration avec BearingPoint et rendue possible grâce au soutien du Facility for Investment Climate Advisory Services (FIAS).










