ALM : Quel sentiment cela vous fait-il de participer aux côtés de Denis Dailleux et Scarlett Coten à l’exposition «Egyptopédie» qui se poursuit jusqu’au 14 janvier à Marrakech ?
Flore : Je suis heureuse et fière de partager les cimaises avec Denis Dailleux dont j’apprécie et je respecte le travail sur l’Égypte depuis très longtemps et avec Scarlett Coten, ce qui m’a valu le plaisir de faire sa connaissance. Après Marrakech Art Fair de 2011, je suis reconnaissante à notre galeriste Nathalie Locatelli de me donner ainsi l’occasion de montrer cet autre pan de mon travail au public marocain.
Comment est née l’idée de parler d’un pays tel que l’Égypte à travers cette exposition ?
J’espère ne pas trahir la pensée de Nathalie Locatelli en disant qu’il me semble qu’Egyptopédie est née du désir de montrer des visions différentes, poétiques, intimes ou optimistes d’un pays qui fait la Une des journaux internationaux depuis plusieurs mois avec une actualité si douloureuse.
Vous participez à travers une série appelée «Sabah el nour». Qu’est-ce qui a inspiré cet intitulé ?
«Sabah el nour» est une de ces mille manières infiniment courtoises et délicieuses qu’ont les Égyptiens de répondre à la salutation «Sabah el kheir» qui équivaut pour nous Français à bonjour (bon jour). Sabah el nour (Jour de lumière) dit comme un souhait. Très sensible aux subtiles richesses d’une langue, il m’a semblé évident d’associer ces quelques mots à des photographies qui sont un chant d’amour à la lumière de l’Égypte si chère à mon cœur.
Pourquoi avoir choisi l’appareil polaroid comme outil de travail ?
J’ai passé une partie de mon enfance en Égypte, en Alexandrie, et ce dont je me souviens le mieux c’est cette lumière si belle. Adulte, en revenant dans ce pays après tant d’années passées au loin, mon désir le plus vif était de faire des photographies qui ressembleraient aux souvenirs que je gardais de mon enfance. Le polaroid, avec ses couleurs un peu effacées et son rendu légèrement flou, était l’appareil qui me semblait le plus approprié dans cette quête.
Avez-vous de nouveaux projets ?
Depuis 2008, la fin de «Sabah el nour», je travaille sur une nouvelle série, en noir et blanc et en argentique cette fois-ci. Elle s’appelle «Une femme française en Orient» et il s’agit d’un voyage – entre imaginaire et réalité – autour du bassin méditerranéen sur les traces de tous ces artistes comme Delacroix au Maroc, Klee en Tunisie, Flaubert et Maxime du Camp en Égypte, Pierre Loti en Turquie, pour qui l’Orient a été une rencontre bouleversante et merveilleusement créative.
Un voyage qui serait lent et contemplatif, le contraire du tourisme consumériste et pressé qui se pratique de nos jours. Dans le cadre de cette nouvelle série, le Maroc a été une grande source d’inspiration à chacun de mes séjours. Il me reste encore à découvrir l’Algérie, la Tunisie et le Liban, j’attends avec impatience la fin de l’hiver pour repartir.









