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Entretien avec Omar Berrada, artiste écrivain «Mon roman véhicule un message central sur l’humilité»

© D.R

Le 5ème roman «L’Affaire T» de l’artiste écrivain Omar Berrada vient de paraître chez les Editions L’Harmattan. Son auteur livre les contours de son œuvre, ses inspirations, sa passion pour l’écriture et ses projets.

ALM : Parlez-nous un peu de votre roman «L’Affaire T» paru chez L’Harmattan…
Omar Berrada : «L’Affaire T» est mon cinquième roman. C’est un recueil de nouvelles avec un sous-titre : Portraits de gens et de sens. En fait, la composition des 15 nouvelles constitutives de ce roman sont interdépendantes et forment le ciment de l’ouvrage qui commence par une introduction nommée Introït et se termine par le Chat. Sous forme de conte, le roman laisse parler un narrateur, au crépuscule de sa vie, de ses multiples rencontres, et de ses richesses de sagesse et de ses déboires. L’ultime nouvelle, le chat, met en scène un félin qui observe la déchéance humaine du fond de ses prunelles, en faisant semblant de dormir alors qu’il est toujours aux aguets transformant les heures mornes en couleurs, démentant la mort, le néant. Le roman a pour fil conducteur le T du temps, ce temps qui passe et mène inexorablement à la mort.

Quels sont les comportements sociaux que vous évoquez dans votre œuvre ?
Dans mon œuvre, j’aborde plusieurs comportements sociaux qui sont au cœur de l’intrigue et qui reflètent les dynamiques actuelles de notre société. L’un des thèmes centraux est l’abus de pouvoir par ceux qui sont censés protéger et servir. J’examine comment ces pratiques affectent la justice et la confiance des citoyens envers les autorités. J’explore également les caractères de simples personnes dans leur vécu quotidien, ainsi que les conséquences de leurs comportements sur l’évolution de la société décrite.

Quel message souhaitez-vous véhiculer au juste ?
Le message central que je souhaite véhiculer est «l’humilité» qui est l’une des vertus qui manquent chez quelques personnages de «L’Affaire T», telle que la nouvelle dont le titre est «la bourgeoise gentille femme», ou «le chambellan de Sa Majesté». Je souhaite aussi mettre l’accent sur l’importance de la vérité, de l’intégrité et aussi de la solidarité.

Qu’est-ce qui vous a inspiré pour écrire ce roman ?
Les sources d’inspiration de l’écrivain peuvent être extrêmement variées et refléter la complexité et la diversité du monde contemporain qui est en constante évolution. C’est d’abord mon environnement et les conditions dans lesquelles je vis qui stimulent ma curiosité et donc mon inspiration. Il est important pour un artiste d’être encouragé pour qu’il puisse porter sa voix et son pinceau afin de prendre la réelle mesure des choses et contribuer à les changer. Pour ma part, je reste spectateur engagé dans l’observation de mon milieu, ce qui me permet de créer des œuvres riches, diversifiées et profondément connectées à mon époque. Par exemple, un fait divers peut être l’élément déclencheur pour construire l’ébauche d’une histoire qui pourra déboucher sur l’idée d’un roman. Les voyages et l’aventure, les expériences passées dans un domaine particulier sont une mine d’or pour le créateur qui y puise une profonde inspiration qui peut le conduire à la construction d’une œuvre majeure.
«L’Affaire T» est une histoire d’apparence banale, nous raconte une rencontre improbable entre un poète dissident, emprisonné pour ses idées et un haut fonctionnaire de la sécurité, tombé en disgrâce et incarcéré suite à des assassinats sordides. Le système qu’il représentait et qu’il défendait d’une main de fer, s’est retourné contre lui lorsqu’il a vu que celui-ci allait les engloutir à cause de l’ampleur de son autorité excessive et carrément criminelle. Dans notre jargon on dit que ses pieds sont sortis des bâts (chouaris). C’est une affaire qui avait été tellement médiatisée qu’elle avait fait croire à certains analystes politiques que le pouvoir central avait lâché son sbire pour le donner en pâture au peuple. L’idée de cet ouvrage m’est venue de ce fait divers qui avait défrayé la chronique dans les années 90 et qui avait tenu en haleine les médias pendant des mois.

Vous êtes lauréat de Sciences Po, comment est née votre passion pour l’écriture mais également pour l’art puisque vous êtes artiste aux multiples talents?
Mon intérêt pour l’écriture remonte à bien avant mes études universitaires. Dès mon jeune âge, j’étais fasciné par les histoires et les livres. Et j’avais une préférence pour les romans de fiction et de fantastique, et plus tard les œuvres des grands maîtres de la littérature française des 19ème et 20ème siècles. La littérature a toujours été pour moi un moyen de voyager dans le temps, de comprendre différentes perspectives et d’explorer la complexité humaine. Écrire est devenu une manière de partager mes propres histoires et réflexions, et de contribuer à cette riche tradition narrative. Quant à ma passion pour l’art, elle s’est développée parallèlement à celle pour l’écriture. J’ai été depuis longtemps attiré par la peinture, la sculpture et les arts graphiques en général, car ils offrent une liberté créative différente mais complémentaire à celle de l’écriture. Pour mon parcours académique et professionnel, il m’a aidé à combiner entre le sérieux dans le travail et la légèreté de la création. Un mot pour la politique en tant que concept : c’est un élément central dans notre vie quotidienne, que nous l’acceptions ou non. La politique affecte notre qualité de vie et les décisions qui façonnent notre avenir collectif, elle est indissociable de notre vécu, car elle structure les cadres dans lesquels nous vivons et interagissons.

Préparez-vous d’autres projets ?
Actuellement, je travaille sur un roman dont je tairais le nom. Je suis en phase de correction qui peut prendre des mois.

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