Culture

Entretien avec Rajaa Latifine, artiste: «au théâtre, on a besoin de plus de liberté pour insuffler plus de dynamisme à notre créativité»

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Si selon Charlie Chaplin l’art de jouer la comédie c’est l’art de se détendre, pour Rajaa Latifine l’échiquier artistique est un message porteur de sens et de belles valeurs et le véritable artiste c’est celui qui touche les préoccupations des gens en leur offrant espoir et sourire. En marge de la présentation à Béni Mellal de la pièce de théâtre «Chaalou Daou», nous avons rencontré Rajaa..

ALM : Parlez-nous de votre parcours artistique…
Rajaa Latifine : Mon parcours artistique a commencé à la maison des jeunes de Sidi Othmane où j’ai participé à des spectacles et à diverses activités culturelles et de divertissement. En 2014, j’ai remporté le titre en participant au programme Big Up soutenu à l’époque par le ministère de la jeunesse et des sports et diffusé sur les ondes de Médi1. Par la suite, j’ai développé mon parcours artistique en participant à divers festivals, comme ceux de Marrakech avec Debbouze, Gad El Maleh à 2M, ainsi qu’avec des artistes tels que Chaba Zahwania, Abdelkader Secteur, Abdelkhalek Fahid, El Khiyari, Taliss, Rachid Rafiq, Bassou, Eco, Saïd Wadiaa…. En 2015, je me suis lancée dans le jeu d’acteur, en tenant d’abord de petits rôles, puis j’ai joué dans un film réalisé par Ali Tahiri en 2016, intitulé «Naïda Fi Douar», un film avec Tarek El Bukhari, Rajae Latifine et Bachir Wakil. Ensuite, j’ai fait mes débuts à la télévision, en participant à des séries de Ramadan et à des séries comiques, comme «Sakan Omskoun» ou «Chahid Qabl El Hadf».

J’ai ainsi collaboré avec de grands acteurs tels que Rachid El Ouali, Rawi’a, Mohamed Khayi, Fatima Zahra Bennaseur, Amina Rachid, Yassine Ahjam et chacun m’a donné des conseils pour que je réalise des progrès dans mon parcours artistique. Par la suite, j’ai continué à participer à des séries, au théâtre, au cinéma et aux sketches, en travaillant avec des artistes comme Ajil, Miloud Habachi, Madame Noujoum, la troupe Tagada, Charki Sarouti, en comédie…Sarouti que je considère comme un frère qui a joué un rôle clé dans mon évolution artistique. Aujourd’hui, nous sommes à Beni Mellal pour présenter la pièce de théâtre «Chaalou daou».

Préférez- vous le théâtre, le cinéma ou la télévision ?
Au théâtre, quand on est avec une troupe, il faut respecter ses règles et ses conditions, mais lorsqu’on est sur scène seule, par exemple, dans un sketch, on est libre de faire ce qu’on veut devant le public. En outre, le cinéma et les séries télévisées ont également leur propre saveur. Notez que j’ai aussi participé à des séries dramatiques pour ne pas me cantonner dans la comédie comme «Kadiate El Omr», «Hya», «Tzaouaj magalha lia»…

Quel regard portez-vous sur la comédie au Maroc ?
La comédie marocaine a progressé, mais il existe des règles et des limites que l’artiste ne peut pas franchir. Il y a moins de liberté et d’improvisation qu’en Europe où l’artiste peut aborder n’importe quel sujet librement. Chez nous, au théâtre, on a grand besoin de plus de liberté pour insuffler plus de dynamisme à notre créativité. Le théâtre est une discipline créative et sociale qui apporte un grand nombre de bienfaits à notre esprit et à notre corps. Il sert à dépasser sa peur et sa timidité, à développer sa créativité et son intellect, à nouer des relations et vivre des échanges, à apprendre à se connaître soi-même, à se défouler et s’amuser et à avoir confiance en soi. «J’ai fait des erreurs, je me suis parfois égarée, j’ai pu blesser mais je ne joue pas la comédie et j’ai toujours été sincère» pour reprendre la citation de Valérie Trierweiler.

Quel est le secret de votre réussite dans votre parcours artistique ?
Mon secret, c’est d’abord la bénédiction de mes parents et l’amour de Dieu, car si Dieu vous aime, Il fait aimer votre art par ses créatures. Il y a aussi le public marocain, qui est la pierre angulaire de mon succès artistique. La force du public marocain joue un grand rôle dans notre réussite. Nous sommes fiers de notre identité marocaine et de notre public, un public fort et compréhensif, ce qui apporte en plus une saveur unique à la comédie. D’ailleurs, certains artistes étrangers apprennent le dialecte marocain pour séduire le public marocain.

Comment Cherki Sarouti est arrivé à faire de l’art un message porteur de sens ?
La pièce de théâtre «Chaalou Daou» est écrite et mise en scène par le créateur visionnaire Charki Sarouti. Cette représentation s’inscrit dans une tournée artistique qui traverse plusieurs villes marocaines. Charki Sarouti figure parmi les grandes personnalités du théâtre marocain, faisant de l’art un message porteur de sens et de la comédie un moyen noble d’éveil et de critique. Son parcours est long et riche en générosité, en sérieux et en engagement envers les problématiques humaines et sociales.
Avec «Chaalou Daou», Sarouti parvient à allier la profondeur de la réflexion et la fluidité du jeu, mêlant un rire porteur de sens et une critique subtile. La pièce aborde le thème des agents de sécurité privée, confrontés à des réalités professionnelles et humaines complexes, dans une comédie satirique qui ne manque pas de touche humaine caractéristique de l’artiste.