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Entretien avec Saâd Chraïbi, réalisateur, producteur et auteur: «Mon livre est une invitation à la recherche de soi»

© D.R

Le cinéaste Saâd Chraïbi vient de sortir son nouveau roman intitulé «Fragments de scènes». Il livre à ALM son histoire, son intérêt et ses projets cinématographiques.

ALM : Après «Fragments de mémoire cinématographique» publié en 2018, vous venez de sortir cette fois-ci un roman, «Fragments de scènes». Pourquoi ce genre ?
Saâd Chraïbi : Le récit de «Fragments de mémoire cinématographique» portait sur un aspect précis, celui du cinéma marocain, à travers plusieurs articles parus sur différents organes, qui relataient un point de vue précis sur une question précise qui faisait l’actualité du cinéma marocain au moment de sa rédaction. Tandis que «Fragments de scènes» constitue une réflexion qui part d’observations d’un citoyen marocain qui traverse soixante ans d’histoire de notre pays, aux niveaux culturel, social, politique et qui jette un regard objectif et en même temps subjectif sur l’évolution de notre société, depuis les projets et rêves de la jeunesse jusqu’à la réalité placide de notre époque. Ce récit nécessitait une forme de narration adaptée au roman, d’où le choix de cette forme.

Combien de temps avez-vous mis pour écrire cette œuvre ?
Ce travail mûrissait dans ma tête depuis plusieurs années, peut-être même depuis ma tendre jeunesse. Il fallait attendre qu’il devienne mature, que je lui trouve la forme, les phrases et les mots qui puissent lui donner sa force d’expression. Sa rédaction a nécessité trois années presque continues.
Parlez-nous en quelques lignes de son histoire…
Le roman parle essentiellement de l’évolution de l’humain, dans ses différentes composantes tant individuelles que collectives. Il raconte des histoires de groupes qui ont rêvé d’un Maroc juste, équitable, florissant aux multiples ambitions d’égalité entre les gens, ainsi que leurs corrélations avec le monde qui les entoure. Il raconte aussi des histoires d’individus qui ont vécu des situations douloureuses et aussi joyeuses avec la même ténacité et les mêmes espoirs de lendemains meilleurs. Par ailleurs, ce texte met le doigt sur certains dysfonctionnements de secteurs clés de notre pays, notamment le système éducatif et celui de la santé. Sans morale, sans fioriture, avec un regard lucide du narrateur qui traverse deux siècles de vie.

Quel est l’intérêt de ce roman ? Le message que vous voulez transmettre?
Mon intérêt est celui d’inviter le lecteur à suivre le parcours sinueux d’un personnage qui a traversé des marées, des montagnes et des plaines, que le vent tantôt calme et tantôt orageux a fait vaciller d’un camp à un autre. Qui a croisé d’autres personnages, parfois généreux et altruistes et d’autres cupides et avides d’ascension sociale, matérielle et de pouvoir. Ce cheminement incite à se poser des questions relatives à la transformation et la métamorphose de l’individu. Je pense que ce travail comporte moins un message qu’une invitation à la contemplation et à la réflexion et à la recherche de soi.

Préparez-vous d’autres projets cinématographiques ?
Bien évidemment, je viens de terminer le tournage et la postproduction de mon nouveau film intitulé «Le silence des violons». Cette œuvre raconte aussi une histoire de transmission musicale à travers des générations dans notre pays. Les deux personnages principaux du film sont un grand-père féru de la musique Malhoun (qui vient d’être reconnue par l’Unesco comme patrimoine immatériel mondial) et sa petite-fille qui pratique la musique classique. La quête du film constitue un rapprochement des deux genres musicaux pour arriver à les fusionner.

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