Culture

Exposition : Le Musée Mohammed VI d’art de Rabat célèbre Arman

© D.R

Elle présente 70 œuvres retraçant ses inventions plastiques

Les cimaises du Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain de Rabat abritent les œuvres du grand artiste international Arman. Une exposition qui marque le coup d’envoi des célébrations des dix ans du MMVI, qui coïncide également avec le vingtième anniversaire de la disparition de cet artiste.

 

Après avoir accueilli de grandes expositions d’artistes de renommée mondiale, le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (MMVI), accueille cette fois-ci les œuvres d’art d’Arman, l’un des artistes les plus importants du 20ème siècle. Elles se sont réunies autour de l’exposition intitulée «Arman : L’objet de l’art». Une rétrospective qui aspire à dévoiler au public marocain les fondamentaux du langage artistique pionnier de cet artiste qui a profondément marqué l’histoire de l’art contemporain. «Cette exposition revêt une signification particulière, elle marque le coup d’envoi des célébrations des dix ans du MMVI, qui coïncident également avec le vingtième anniversaire de la disparition de l’artiste», exprime Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées, lors de la présentation de l’exposition.

Et d’indiquer : «L’exposition retrace son parcours extraordinaire et rend hommage à son talent visionnaire. Grâce à un don généreux de Madame Corice Arman, épouse de l’artiste, une sculpture monumentale sera exposée sur le parvis du MMVI, invitant le public à admirer l’œuvre d’Arman de jour comme de nuit». Christophe Lecourtier, ambassadeur de France au Maroc, n’a pas manqué, pour sa part, d’exprimer la fierté de la France de voir l’artiste Arman, dont les œuvres illuminent et inspirent, célébré dans ce prestigieux musée.

Différentes séries et techniques inventées par l’artiste
«Arman : L’objet de l’art» compte des prêts exceptionnels de la collection personnelle de l’artiste, dont certaines œuvres seront montrées pour la première fois en public depuis des décennies. «Cette exposition se veut une sorte de grammaire d’Arman, mettant en avant les différentes séries et techniques inventées par l’artiste pour construire un des imaginaires artistiques les plus originaux du XXème siècle», explique Jérôme Neutres, commissaire de l’exposition. Le public découvre ainsi soixante-sept œuvres retraçant les grandes inventions plastiques d’Arman, des années 1950 aux années 2000, à travers diverses thématiques : «Cachets et empreintes», «Poubelles et rebuts», «Accumulations», «Coupes et colères», «Combustions : The Day After», «Atlantis», «Inclusions et Immersions» ou «Cascades». «Comme d’autres sculpteurs utilisent la glaise ou le bois, Arman a fait des objets manufacturés la matière première de son art. Visionnaire, il n’a eu de cesse de confronter son art à la société d’hyper consommation et ses conséquences pour les sociétés humaines. «Arman nous a ouvert les yeux sur la nature moderne», disait le grand critique Pierre Restany, en 1968»», ajoute le commissaire de l’exposition.

Il faut dire que Arman a écrit un chapitre essentiel de l’histoire de la réinvention de l’art à l’ère industrielle, produisant une œuvre montrée aux quatre coins du monde, et notamment au Maroc, pays qu’il affectionnait particulièrement. Son œuvre a profondément influé sur la production artistique contemporaine. De nombreux artistes ont puisé dans son approche novatrice pour développer leur propre langage artistique, utilisant les objets trouvés comme base de leur création. Transmettre aux générations futures le langage d’Arman c’est également une manière de retracer l’histoire de l’art contemporain.

L’art d’Arman
Selon M. Neutres, Arman commence son art quand l’objet tombe en panne. Pour lui donner un nouvel usage et montrer comment l’art peut proposer un autre usage du monde, ces objets sont aussi parfois cassés, brûlés, découpés par l’artiste lui-même, qui les débarrasse de leur essence utilitaire pour les transmuer en œuvres d’art. «Arman s’inscrit dans une histoire de la modernité artistique qui puise son inspiration dans le règne de «la vie mécanique» qu’invoquait Fernand Léger. Un art qui s’approprie et détourne l’iconographie industrielle, initié avec des artistes tels Marcel Duchamp et Constantin Brancusi. Ces trois génies visitant le Salon de la locomotion aérienne en 1912 au Grand palais de Paris reconnaissaient devant la beauté du design des avions que «c’est fini la peinture. Qui ferait mieux que cette hélice ?», relève-t-il. Comme d’autres sculpteurs utilisent la glaise ou le bois, Arman, note-t-il, a fait des objets manufacturés la matière première de son art.

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