Exposition Mohamed Fariji : Pour un aquarium imaginaire

Exposition Mohamed Fariji : Pour un aquarium imaginaire

Mohamed Fariji a complètement chamboulé l’idée reçue sur l’aquarium. Cette exposition qui se tient du 4 au 27 juin 2014 à la galerie d’art Fatma Jellal de Casablanca offre un autre regard sur cet espace à la fonctionnalité évidente. Sauf que là, Mohamed Fariji se joue des convenances.

Il creuse des sillons artistiques divers pour décliner sa lecture de l’aquarium, de l’eau, de la faune marine, sous des manifestations éparses. D’abord, circonscrire l’espace tout en le laissant ouvert sur d’autres modalités.

Un pari fou, mais réussi par Mohamed Fariji qui s’est délesté de tous les clichés sur l’aquarium pour présenter une manière de voir à la marge de l’ordre établi.   Entre objets, posters, boules à neige, flipper, puzzles, cartes, archives réelles… autant de choses, de vies, de souvenirs, de retours vers le passé, de projection dans l’avenir pour raconter plusieurs histoires humaines.

Car ce qui frappe dans cette exposition, c’est sa dimension personnelle. Sa proximité à l’individu. Sa force de suggestion, à travers le vécu de chacun et de sa perception de ce qui lui est donné à voir. Intitulée l’aquarium imaginaire, cette exposition est un véritable voyage à travers plusieurs univers.

Tout part certes de l’Aquarium de Casablanca, cet espace magnifique, fermé dans les années 80. Un haut lieu de la vie casablancaise, au cachet architectural unique, qui a fait les frais d’un certain aveuglement spéculatif urbain. Mais cette exposition recentre le site dans une vision à la fois réelle et onirique. Entre installations impressionnantes, idées farfelues et justesse d’une lecture aiguë de ce qui est perdu, Mohamed Fariji fait renaître un pan entier de l’histoire de la ville de Casablanca.

Il fait resurgir le rapport du Casablancais à la mer, à l’océan, à l’infini et au retour du même, à travers ce cycle sublime des vagues. Mais c’est aussi une manière de marquer le passage et de poinçonner une date, comme c’est le cas avec ce tampon-sardine, pièce magnifique qui estampille un certain regard sur une certaine époque, par un certain  artiste.
Cette exposition comme le  précise l’artiste lui-même revêt d’autres symboliques.

Elle questionne les citoyens dans leur relation tronquée à leurs espaces de vie. Elle interroge les uns et les autres sur leur mémoire collective  face au vide que peut générer le temps qui passe, comme cela a été le cas avec la démolition de l’aquarium de Casablanca. Avec Mohamed Fariji, on revisite une époque, on ouvre l’horizon face à un espace qui ne continue de vivre que dans l’imaginaire de ceux qui ont connu ses lieux ou alors les découvrent aujourd’hui, sous d’autres inclinaisons. Mohamed Fariji signe ici une sortie artistique solide, avec un regard à la fois ludique et sans compromis sur un héritage perdu.

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