Culture

Festival de Fès des musiques sacrées du monde: Dialogue entre le chant lyrique italien et la musique andalouse

© D.R

Le 28ème Festival de Fès des musiques sacrées du monde qui se poursuit jusqu’au 24 mai, continue, de conquérir les cœurs de ses mélomanes. Samedi dernier, le public était au rendez-vous avec une rencontre musicale inédite réunissant les maîtres Antonio Greco de Florence, des Chœurs du Festival Monteverdi, et Mohammed Briouel, directeur de l’rchestre arabo-andalou de Fès.

Ayant démarré vendredi dernier, le 28ème Festival de Fès des musiques sacrées du monde, initié sous le Haut patronage de SM le Roi, ne cesse d’attirer son public. Après la création d’ouverture spectaculaire «Renaissances, de la Nature au Sacré», à la scène principale de Bab Makina, en présence de SAR la Princesse Lalla Hasnaa, le public était au rendez-vous samedi 17 mai avec des «Vêpres de la Sainte Vierge», première œuvre de musique sacrée créée par Monteverdi en 1567 et construite autour de textes bibliques traditionnellement dédiés à la liturgie des fêtes mariales. Il faut dire que cette œuvre musicale a offert des moments de paix et de grâce aux mélomanes avec la rencontre des maîtres Antonio Greco de Florence, chef de l’Orchestre et des Chœurs du Festival Monteverdi, et Mohammed Briouel, directeur de l’Orchestre arabo-Andalou de Fès. «Nous présentons une composition sacrée du compositeur légendaire et père de l’opéra italien Monteverdi. On est très heureux d’être là ce soir pour présenter un dialogue entre deux cultures tout en démontrant que la musique n’a pas de limite. C’est une occasion pour nous de véhiculer via la musique un langage de rencontre et de paix. Nous sommes heureux d’inviter l’année prochaine l’orchestre andalou marocain dans la ville Crémone, la ville de Monteverdi. L’occasion de remercier la famille royale et tout ce qui nous soutient dans notre parcours», a indiqué à ALM Andrea Cigni, directeur du festival Monteverdi.

Une rencontre pour célébrer le jumelage historique entre Fès et Florence
Il faut dire que ce concert était une occasion propice pour célébrer le jumelage historique entre Fès et Florence, deux villes ancestrales qui ont marqué deux civilisations, l’une le monde arabo-musulman et l’autre l’Occident. «La ville de Fès est la seule ville jumelée avec Florence. Ce concert est une occasion de bien fêter ce jumelage», a relevé à ce sujet l’ambassadeur d’Italie au Maroc, Armando Barocco. Pour sa part, Abderrafia Zouitene, président de la Fondation Esprit de Fès, s’est exprimé ainsi : «Ce jumelage a été présidé par feu SM le Roi Hassan II en 1961 autour d’un évènement célébré à Florence même. C’est un honneur pour nous de revivifier la proximité entre ces deux cités sublimes qui ont su, au fil du temps, jeter des ponts entre les cultures et les époques. Je remercie l’ambassade d’Italie auprès du Royaume du Maroc et de l’Institut culturel italien de Rabat en collaboration avec le Festival Monteverdi de Crémone qui ont rendu cette rencontre culturelle possible». Pour sa part, Carmela Callea, directrice de l’Institut italien au Maroc, a relevé: «Nous sommes extrêmement fiers de contribuer à la convergence de ces deux événements fondés sur des valeurs communes d’ouverture et de partage. C’est un honneur, ainsi qu’une grande responsabilité, pour l’Italie de participer à un moment aussi symbolique, dans la splendide ville de Fès, capitale spirituelle du Maroc animée par la coexistence pacifique de l’Islam, du Judaïsme et du Christianisme». D’autre part, «c’est avec beaucoup d’enthousiasme que l’Institut culturel italien de Rabat renouvelle sa collaboration avec la Fondation Esprit de Fès pour participer à l’un des Festivals les plus prestigieux du Maroc et du continent africain avec un concert dans lequel la musique, la langue italienne et la langue arabe deviennent des instruments de dialogue interculturel».

Forum de Fès : Réflexion sur les «Renaissances»
En marge du festival, la ville de Fès a vibré, samedi 17 mai 2025, au rythme des échanges intellectuels et culturels avec la tenue du Forum de Fès. Placé sous le thème des «Renaissances», ce forum a été animé par des experts internationaux et des penseurs émérites. «Le Forum a repris la thématique générale du festival et permet de donner une profondeur intellectuelle aux thématiques abordées lors de la 28ème édition du festival. Cette année la thématique des «Renaissances» trouve un écho particulier dans les discussions du Forum qui explorent comment les héritages culturels et spirituels peuvent inspirer des modèles de société plus inclusifs et durables», a déclaré Driss Khrouz, directeur du Forum de Fès. Il faut dire que cette rencontre s’est déroulée autour de deux axes fondamentaux traduisant l’esprit du festival et la thématique de cette année. Le premier axe s’est attaché à décrypter les dynamiques de renouveau culturel et spirituel qui traversent les sociétés actuelles, notamment en Afrique et en Méditerranée. Des intervenants de renom tels que des universitaires spécialistes des civilisations africaines, notamment les professeurs Jilali El Adnani et Youssef Bokbot, ont partagé leurs analyses et échangé avec les invités. «Les Marocains devraient cesser de chercher leurs origines ailleurs et devraient chercher leurs origines ici. On a des connexions avec l’Europe, avec l’Afrique et l’Orient. Il faut prendre en considération les derniers résultats des recherches archéologiques», indique Youssef Bokbot, archéologue.

L’apport de l’IA au patrimoine au cœur des débats
Le deuxième axe, quant à lui, a mis l’apport de la technologie et l’intelligence artificielle à la culture et au patrimoine. Il a été animé par Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée auprès du Chef du gouvernement, chargée de la transition numérique et de la réforme de l’administration, ainsi que de Mohammed Benlahsen, professeur de physique et président de l’Université de Picardie Jules Verne. Ayant pour thème «Que peut apporter l’intelligence artificielle à la culture et au patrimoine», cet axe a notamment mis l’accent sur le rôle des nouvelles technologies dans la préservation et la transmission du patrimoine culturel. «Le Maroc est un pays central qui apporte beaucoup au patrimoine mondial. Et le patrimoine culturel et immatériel permet aujourd’hui au Maroc de se projeter. Mon rôle est de parler des nouvelles technologies et comment on peut les utiliser pour faire rayonner ce patrimoine à l’échelle internationale. Et aussi montrer les techniques comment utiliser l’IA pour restaurer les monuments, faire connaître les histoires marocaines pour faire la transition entre le passé et le futur du Maroc», a déclaré Mme El Fallah Seghrouchni.

Recevez les dernières actualités d’Aujourd’hui Le Maroc directement sur WhatsApp