«Hammam Laâyalate» présentée en avant-première lundi à Rabat

«Hammam Laâyalate» présentée en avant-première lundi à Rabat

D’autres représentations en vue selon la situation sanitaire

Après une avant-première, lundi à Rabat, la pièce de théâtre «Hammam Laâyalate» (bain des femmes), mise en scène par Latefa Ahrrare, d’autres représentations sont prévues pour une date ultérieure. «Nous devrions commencer par des villes de proximité comme Casablanca et Kénitra. Nous aurons également une autre représentation à Rabat. Cependant, il est difficile de poursuivre la programmation dans d’autres villes que nous annoncerons. Ce sera en fonction de la situation épidémiologique. Pour l’heure, nous n’avons pas encore fixé de dates. J’espère que les salles de théâtre ne seront pas encore à l’arrêt», précise la comédienne Fatima Boujou qui participe à cette oeuvre aux côtés de Saadia Ladib, Khouloud Betioui, Nora Koraichi, Sakina Lafdaili et Majda Zabbita. Cette oeuvre, présentée par la troupe «Tokos art» en partenariat avec le Théâtre Mohammed V, est conçue selon une idée des artistes Khouloud Betioui et Anas El Akel. Elle raconte l’histoire de femmes, issues de différents milieux sociétaux, qui se rencontrent dans un hammam (bain maure), en période de crise sanitaire due au coronavirus. L’occasion pour elles de papoter et divulguer les souffrances et les pressions psychologiques et économiques qu’elles ont subies. Dans l’intrigue, cette pièce de théâtre met le projecteur sur des plaies ouvertes de la société durant cette pandémie.

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A ce propos, Latefa Ahrrare indique : «Le hammam, ce véritable lieu de purification du corps et de l’âme, est aussi le lieu de toutes les rencontres. Là où les hommes, séparés des femmes, parlent de leurs vies, y présentent leurs enfants et y nouent des amitiés. Notre spectacle est un lieu où se rencontrent des femmes, des corps, des histoires de bonheur et de déboires». Pour elle, chacune des six femmes a sa case sociale, son vécu et sont toutes en confrontation, en symbiose et parfois en compassion les unes vers les autres. «Quand mes collègues, les comédiennes, ont fait appel à moi en tant que metteure en scène, pour monter un spectacle ensemble, j’ai répondu tout de suite présent car mettre en scène des femmes traitant un sujet de femmes est un désir qui m’a toujours accompagnée surtout que le thème parle de la condition des femmes par des femmes», s’exprime-t-elle. A son sens, c’est un enjeu qui suppose maturité et abnégation sans tomber ni dans la victimisation des femmes ni la diabolisation des hommes.

«J’ai proposé aux comédiennes, comme à l’accoutumée dans toutes mes créations, de travailler à base d’improvisation bien sûr dirigée vers une construction de personnages bien définis et dans l’espace et dans le temps tout en respectant le vécu et le lexique de chacune des femmes travaillant ou venant au spa», ajoute-t-elle. Et ce n’est pas tout ! La metteuse en scène ne manque pas de rappeler avoir fait appel à deux femmes, Aziza et Jamaa (gommeuses du Hammam Marassa à Rabat) qui sont venues partager à travers leur témoignage de femmes et de travailleuses souffrant de la fermeture des hammams à cause de la pandémie de Covid-19.

Mieux encore, la dramaturge a emmené les actrices dans un lieu véridique, soit un hammam ou piscine «où leurs corps se sont touchés, vus et ont écouté les sons de l’eau, des murs humides». «Cette étape nous a permis de fignoler le texte et les traits de chaque personnage puis de clarifier les intentions et les relations des unes et des autres», enchaîne-t-elle. Quant à la dernière étape de sa mise en scène, elle a introduit des tableaux de danses stylisés. Une démarche qui, pour elle, «puise son inspiration dans notre patrimoine oral marocain». De quoi faire davantage l’intérêt de l’oeuvre.

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