Hassan Boukhari, l’orfèvre de la nature morte

Hassan Boukhari, l’orfèvre de la nature morte

Celui qui est déjà considéré par ses pairs comme le maître absolu de la nature morte au Maroc, a franchi un cap. Après une exposition de toute beauté à Londres dans une grande galerie de la City, un passage remarqué et salué par la critique à Marrakech où Hassan Boukhari a exposé de nouveaux travaux dans le cadre de la Biennale de la ville, l’artiste peintre  a signé une autre sortie de bonne facture au Four Season, avec une série très attendue car le peintre avoue avoir apporté de nouvelles technicités à son travail d’orfèvre que le public  a pu découvrir.

Pour la rentrée, les dates sont fixées. Une exposition collective à la galerie nationale Bab Rouah suivie d’autres sorties  en Europe.  En ce moment, l’artiste qui vit dans l’arrière pays rbati, se consacre à des travaux qui seront exposés, à partir de cet été, dans plusieurs pays du Golfe notamment à Dubaï  et à Abou Dhabi où le nom de Hassan Boukhari rime avec rigueur et technique du détail incomparable.  Ce n’est là qu’une consécration juste pour un plasticien qui a toujours su mettre son savoir-faire au service d’un patrimoine marocain, très pointu.

Hassan Boukhari revisite, avec beaucoup de liberté et d’aisance, des symboles forts de la culture nationale. Il prend un tapis, une babouche, un collier, un coffre, un châle, une épée, un poignard pour leur redonner vie sur la toile. Il les transcende, leur octroie cette lumière si ciblée qui fait ressortir à la fois le détail le plus infime mais surtout la finesse de ce travail de précision digne de la haute joaillerie. Pour le peintre, c’est simple : «Il ne s’agit pas pour moi de reproduire ce qui est déjà beau.

Mais j’essaie d’interpréter cette beauté pour donner à ces magnifiques symboles de l’art marocain traditionnel une autre visibilité. Il s’agit pour moi de rendre hommage aux artisans, aux maâlems et à cet héritage marocain si précieux ». Après des dizaines d’expositions dans le monde, où ses travaux ont voyagé à la rencontre d’autres influences, Hassan Boukhari se dit heureux d’avoir pu toucher cet Orient très cher à son cœur. « Ce n’est pas de l’orientalisme à l’envers que j’essaie de reproduire dans mes œuvres, mais cette rencontre avec le Monde arabe, le Moyen-Orient, les pays du Golfe, arrive à un moment où ma peinture avait besoin d’un autre ancrage dans les traditions arabes qui la sous-tendent ».

Peinture du beau, peinture de l’accessoire, travail sur l’habit, habillage de l’espace par la couleur et la lumière, chez Hassan Boukhari, il y a ce besoin d’éclairer de l’intérieur son œuvre en y insufflant cette flamme émanant de son rattachement à la tradition. Comme il le précise lui-même, sa peinture doit tout aux héritages anciens : « sans cette richesse dans la créativité marocaine, ma peinture ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui ». Hommage mutuel d’un artiste qui célèbre la beauté d’une culture et d’une civilisation qui offre tant à des artistes au plus près de ce legs ancestral.

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