ALM : Quels sont les objectifs de cette tournée musicale nationale ?
Hicham Bahou : Il s’agit de reprendre notre ancienne tradition qui consiste à organiser des concerts. Depuis 1999, notre Association (EAC L’Boulvart) a fait le Boulevard. C’est un travail de fond qui n’était pas très visible. Nous organisons des concerts pendant l’année et on aidait les groupes à répéter, à se produire, à communiquer…Et à travers ces concerts, nous voulons mettre en valeur cette scène urbaine musicale. Nous avons pris la décision d’aller nous produire dans les petites et moyennes villes.
L’objectif de ces petits concerts est de faire revivre les petites salles qui sont complètement oubliées. Et c’est là où réside la base d’une véritable organisation artistique. Ainsi, pour nous, ce genre de patrimoine culturel n’est nullement un luxe mais un vrai besoin. En plus, une bonne éducation se fait aussi à travers le théâtre, la musique, le cinéma…Il y a 20 ans, on avait un patrimoine artistique riche et actif et tous les gens avaient accès à cette culture. De nos jours, cette richesse commence à moisir malheureusement.
Quel est le nombre de groupes musicaux qui participent à cette tournée musicale ?
Il y a 14 groupes qui jouent dans les cinq concerts à travers cinq villes du Royaume. A Beni Mellal, nous avons trois groupes : Ribab Fusion d’Agadir, le groupe phare Mazagan et Fuzz Anaruz de Khémisset qui a gagné le tremplin du Boulevard l’année dernière
Quel est votre genre musical?
Nous avons des groupes musicaux locaux. L’art n’a pas de frontières. Et l’Histoire de tout pays peut s’apprendre dans la musique qui est un patrimoine culturel, historique…Faire une distinction entre la musique internationale et locale est inconcevable. Le hip pop par exemple n’est pas une musique étrangère. C’est une tradition africaine qui a connu des changements avec les nouvelles générations. De plus, le fond reste toujours le même et c’est la forme qui change. Le hip pop a du succès au Maroc car on n’est d’une tradition orale. De surcroît, on protège toujours notre identité artistique marocaine. Car ce n’est pas l’instrument de musique qui compte, c’est ce qu’on en fait. Nous sommes donc tenus de préserver notre patrimoine musical marocain.
Quel appel pourriez- vous lancer aux nouvelles générations pour qu’ils protègent ce patrimoine ?
D’abord, il faut connaître le fond et la forme de notre patrimoine artistique sans oublier que l’art n’a pas de limites. Le vrai artiste, c’est celui qui cherche à rencontrer des gens de toutes les contrées du monde. Il faut donc être curieux de ce qui existe ailleurs.
Quelles sont vos perspectives d’avenir dans le domaine artistique ?
Nous avons un local où les groupes musicaux travaillent au Technopark de Casablanca. Cependant, il faut que tous les complexes culturels et les salles de répétition sonorisées soient ouverts à tous les groupes si l’on veut que notre richesse culturelle aille de l’avant. Malheureusement, on ne s’intéresse qu’à l’organisation des festivals sans jamais se soucier de savoir comment ils sont préparés.










