Culture

    Hommage aux artistes plasticiens d Essaouira

    Des œuvres présentant des motifs géométriques, des pictographies finement tracées de signes et de symboles qui évoquent la mémoire tatouée d’Essaouira. C’est un bref aperçu de la nouvelle exposition de la galerie Fan-Dok de Rabat, intitulée «Artistes d’Essaouira : art naïf,  art brut ? », prévue du 10 octobre au 10 novembre. Fidèle à son concept, la galerie Fan-Dok qui consacre chacune de ses expositions au travail d’artistes issus de la même région, porte cette fois-ci son regard sur la ville d’Essaouira en choisissant des artistes de renom appartenant à ce est qui communément appelé la peinture souirie.

    «Cette peinture présente, certes, une  singularité, mais elle est difficilement définissable. Elle est comme au carrefour de l’art naïf, de l’art brut, de l’art populaire, de l’art africain et de l’art aborigène», explique Hakima Lebbar, responsable de la galerie Fan-Dok. Cependant, dans ce genre de peinture où se mêlent le plus souvent l’animal, l’humain et le végétal, chaque artiste présenté à la galerie Fan-Dok a su signifier son identité et son univers propre. A découvrir, ou à revoir, les labyrinthes anecdotiques de la défunte Regraguia Benhila, cette première femme peintre d’Essaouira qui aimait reproduire dans ses peintures les paysages et les personnages authentiques de sa ville et qui s’inspirait de la nature, de l’amour et de la liberté. 

    L’exposition se penche aussi sur la minutie insolente et insolite de l’artiste-peintre Abdellah El Atrach, cet artiste fortement ancré dans la culture populaire dont les thématiques font écho aux confréries extatiques, et plus particulièrement à la confrérie des Aissaoua, dont les adeptes, hommes et femmes entrent en transe au cours de cérémonies rituelles rythmées par des instruments de musique. Figure également dans cette exposition, «le pointillisme immatériel» de Abderrahim Trifis, un artiste qui s’inspire de l’imaginaire de la mémoire et du patrimoine. Enfin, à découvrir également les tatouages berbères épiphaniques, de Mohamed Zouzaf. Fidèle à sa ville d’origine, cet artiste cultive des rapports transversaux avec l’espace vécu. 

    L’œuvre de Zouzaf nous invite à contempler un mystérieux répertoire de signes et de symboles qu’il transpose de manière rituelle et immuable depuis de très nombreuses années. Une fois de plus, la peinture souirie semble  interroger les magies populaires des cultures traditionnelles berbère, arabe et africaine.

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