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IA dans les Musées : L’UNESCO plaide pour des cadres adaptés

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Rapport
Une enquête mondiale menée par l’Unesco et l’ICOM révèle que l’intelligence artificielle s’impose progressivement dans les musées, alors que les cadres institutionnels et les mécanismes de gouvernance peinent encore à suivre.

L’intelligence artificielle gagne du terrain dans les musées à travers le monde. Mais si les institutions expérimentent de plus en plus ces nouvelles technologies, leur intégration demeure encore en avance sur la mise en place de politiques et de cadres de gouvernance adaptés. C’est l’un des principaux enseignements d’une enquête mondiale menée par l’Unesco et le Conseil international des musées (ICOM). Réalisée auprès de plus de 400 musées dans 90 pays, cette première enquête mondiale consacrée à l’utilisation de l’IA dans les institutions muséales révèle que 57 % des musées répondants utilisent déjà l’intelligence artificielle, tandis que 55 % ne disposent d’aucune politique, stratégie ou ligne directrice interne dédiée à l’IA. « Les résultats de l’enquête mondiale indiquent que le secteur se trouve à une étape importante de l’adoption de l’IA : l’expérimentation progresse plus rapidement que les capacités institutionnelles et les mécanismes de gouvernance », a souligné le sous-directeur général de l’Unesco pour la culture, Nayef Al-Fayez, lors de la présentation de l’étude, publiée en amont du Forum mondial sur l’éthique de l’intelligence artificielle (GFEAI) 2026, organisé récemment à Riyad.

Des usages qui se diversifient
L’IA occupe désormais une place de plus en plus visible dans le fonctionnement des musées. Ses applications concernent notamment l’administration, la traduction, la recherche sur les collections, la documentation, la conception d’expositions ou encore les dispositifs destinés à renforcer l’engagement des visiteurs. Cette progression reste toutefois marquée par d’importantes disparités. L’accès aux technologies et aux ressources nécessaires à leur déploiement varie fortement selon les établissements et les territoires. Les différences en matière d’infrastructures numériques, de financement, de compétences techniques et d’accès à l’expertise constituent autant de facteurs qui limitent les possibilités d’expérimentation et d’adoption de l’IA.
Selon les auteurs de l’étude, «tous les musées ne bénéficient pas des mêmes possibilités pour explorer ou adopter l’IA», notamment dans les régions confrontées à des inégalités numériques et économiques persistantes. Autre constat : dans de nombreux établissements, l’utilisation de l’IA demeure encore exploratoire et repose principalement sur des initiatives individuelles ou portées par certains membres du personnel, plutôt que sur une stratégie déployée à l’échelle de l’institution.

Éthique, données et propriété intellectuelle
Cette adoption progressive s’accompagne de nombreuses interrogations. L’exactitude des résultats produits par les outils d’IA, le respect du droit d’auteur et la protection des données figurent parmi les principales préoccupations exprimées par les musées. Les professionnels font ainsi état d’un besoin de formation et d’orientations, aussi bien sur les usages techniques de l’IA que sur ses dimensions éthiques. La gouvernance des données et les droits de propriété intellectuelle apparaissent également comme des enjeux nécessitant des cadres plus clairs. L’Unesco entend justement accompagner les musées dans cette phase de transition. Nayef Al-Fayez a indiqué que l’organisation poursuivra ses efforts pour renforcer les compétences et développer les politiques et cadres éthiques permettant aux institutions de prendre des décisions éclairées sur «le moment, les domaines et les modalités» dans lesquels l’IA peut servir au mieux leurs missions culturelles, éducatives et sociales.

Vers des orientations communes
Le nouveau rapport Unesco-ICOM, fondé sur les résultats de l’enquête menée en 2026, doit contribuer à l’élaboration d’orientations opérationnelles et stratégiques destinées aux États membres de l’Unesco et aux professionnels des musées. Cette démarche s’inscrit notamment dans le prolongement de la Recommandation de l’Unesco de 2015 concernant la protection et la promotion des musées et des collections, de leur diversité et de leur rôle dans la société, ainsi que de la Recommandation de l’Unesco de 2021 sur l’éthique de l’intelligence artificielle et du Code de déontologie de l’ICOM pour les musées. Les résultats de l’enquête doivent également alimenter les futurs programmes de renforcement des capacités de l’Unesco. L’enjeu est désormais de faire évoluer l’usage de l’IA au-delà de l’expérimentation, en donnant aux musées les moyens techniques, humains et institutionnels nécessaires pour l’intégrer de manière responsable à leurs missions.