Bilan
La 11ème édition de Jidar-Rabat Street Art Festival s’est achevée récemment. 15 fresques monumentales et un mur collectif ont été réalisés, portant à 146 le nombre total d’œuvres depuis 2015. Près de 2.500 m² de surfaces murales supplémentaires ont été peintes en 2026, pour un total de plus de 20.000 m² depuis la création du festival.
Rabat s’est une nouvelle fois laissée transformer. Dans le cadre de la 11ème édition du Festival «Jidar -Rabat Street Art» qui s’est déroulée du 16 au 26 avril, 15 fresques monumentales et un mur collectif ont été réalisés, portant à 146 le nombre total de fresques réalisées à Rabat depuis 2015. Selon les organisateurs, une progression qui dépasse le simple cumul pour dessiner une véritable transformation du paysage urbain. «En un peu plus d’une décennie, Jidar a contribué à faire de Rabat une capitale du street art sur le continent africain, régulièrement citée pour la qualité de ses fresques monumentales et la cohérence de son parcours artistique à l’échelle de la ville ».
Au cœur de l’Agdal, difficile de manquer l’intervention de RDS. Face à la maternité, l’artiste s’attaque à un mur vertigineux: 40 mètres de haut, 11 mètres de large, soit 440 m². Une deuxième prise de parole sur ce bâtiment, dont une première façade avait déjà été investie il y a deux ans par les artistes marocains Normal et italien Luogo Comune. Cette fois, RDS compose avec la brutalité architecturale du lieu : des lignes tendues, des volumes affirmés, des nuances de gris qui épousent le béton, traversées de touches orangées évoquant la rouille. Une fresque qui semble littéralement émerger du bâtiment, comme si elle en révélait la structure cachée.
Plus loin, dans différents quartiers de la ville, les fresques racontent chacune une histoire, tissent des liens, déplacent les imaginaires. À L’Océan, l’Italien Vesod déploie une composition inspirée de la lanterne marocaine, transformée en métaphore d’une ville lumineuse et hospitalière, dont les paysages semblent surgir de la mer comme un souvenir ou un mirage. À Yacoub El Mansour, l’Equatorien Azpeger propose une réflexion ouverte sur l’égalité, rappelant que «le même soleil et la même lune nous éclairent tous», laissant au regardeur la liberté d’y projeter son propre sens. Dans un autre registre, l’artiste chilienne Jumu inscrit au cœur de sa fresque un lion protecteur, entouré de palmiers, de motifs floraux et de symboles inspirés de la culture visuelle marocaine, entre mémoire, territoire et récits personnels.
À Agdal, le Catalan Guillem Font s’inspire des fleurs d’oranger et de la présence familière du lézard pour évoquer une relation sensible au vivant et aux usages du quotidien, tandis que le Marocain Nassim Azarzar, dans un autre quartier, développe un langage plastique nourri de la culture ornementale des camions de transport, créant un dialogue subtil entre tradition populaire et abstraction contemporaine. De son côté, Keya Tama (Afrique du Sud) propose une fresque habitée par le mouvement et les interactions humaines, traversée d’animaux, de céramiques et de motifs végétaux, inspirés de l’atmosphère de Rabat et de ses traditions. Il explique : «La fresque explore l’idée de communauté à travers une image de mouvement partagé, d’échange et de vitalité quotidienne». «Au total, près de 2.500 m² de surfaces murales supplémentaires ont été réalisées en 2026, portant à plus de 20.000 m² la surface peinte depuis la création du festival. Derrière ces chiffres, une réalité tangible : celle d’une ville qui se construit, couche après couche, image après image. En onze éditions, plus de 250 artistes ont contribué à cette cartographie vivante», conclut la même source.










