Culture

Il dépeint un monde sombre au Caire / FIFM: Le réalisateur Morad Mostafa aborde la migration forcée dans «Aisha Can’t Fly Away»

© D.R

Dans son premier long métrage «Aisha Can’t Fly Away», le réalisateur égyptien Morad Mostafa mêle réel et imaginaire pour aborder les tragédies humaines liées à la migration forcée.

Après avoir participé à la section Un Certain Regard du Festival de Cannes 2025, le film, projeté mercredi, concourt dans le cadre de la compétition officielle à la 22e édition du Festival international du film de Marrakech. Il avait auparavant été lauréat des Ateliers de l’Atlas, organisés par le festival, dans la section «Projets en développement». À travers le regard de la jeune Soudanaise Aisha, Morad Mostafa dépeint un monde sombre au Caire, submergé par la violence physique et symbolique, avec des scènes d’une brutalité et d’une étrangeté parfois insoutenables.

Aisha, jeune déplacée fuyant la guerre, travaille comme aide-soignante dans un quartier défavorisé où résident de nombreux autres déplacés. La violence de la guerre au Soudan, relayée à distance par les flashs d’information télévisés, se conjugue avec la violence concrète de la rue, marquée par des affrontements entre gangs locaux et migrants, ainsi qu’avec celle du milieu de travail d’Aisha, que ce soit dans les foyers ou avec les agences de recrutement de main-d’œuvre.

Aïsha entretient une relation ambiguë avec un jeune homme égyptien qui l’abandonnera rapidement sous la pression de sa famille. Elle fait face au chantage de ses employeurs, aux menaces d’un gang qui la force à se rendre complice de cambriolages dans les foyers où elle travaille, sans parler des mauvais traitements allant jusqu’au viol de la part d’un patient âgé et grabataire qu’elle est censée soigner.

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