Il est décédé samedi soir : Mohamed Ismail, un cinéaste autodidacte s’en va

Il est décédé samedi soir : Mohamed Ismail, un cinéaste autodidacte s’en va

Grand public, professionnels du cinéma et artistes…

Tous nourrissaient l’espoir quant à la guérison de l’éminent Mohamed Ismail. Hélas, la volonté divine était plus forte. Ainsi, le cinéaste a tiré, samedi soir, sa révérence après un long parcours cinématographique époustouflant. Une grosse perte ayant suscité l’émoi dans le rang de la scène artistique ainsi que des cinéastes qui ont enchaîné les expressions de tristesse. Le tout en louant ses réalisations. «Il a contribué à l’ancrage de l’acte cinématographique marocain dans sa nouvelle lancée», exalte, sur sa page Facebook, le réalisateur et cinéaste Abdelilah Eljaouhary à propos du défunt. Pour M. Eljaouhary, le regretté était également de son vivant «artiste», producteur et réalisateur qui a sorti plusieurs films.

A propos de sa dernière œuvre cinématographique «La Mora» qui aborde la guerre civile espagnole, Mohamed Ismail, indiquait dans un entretien qu’il a accordé à ALM: «J’avais pensé à ces soldats qu’on appelait les «Regulares». Ces jeunes marocains qui étaient forcés de quitter leur famille et leurs patelins pour combattre sous le signe de la dignité et la religion. Une cause qui ne les regarde pas et sous la direction d’un autre gouverneur qu’on ne connaissait que dans les contes». «C’est à travers des recherches et des rencontres avec des gens qui ont eu des liens avec la guerre espagnole et ces soldats marocains que j’ai reformulé le scénario», enchaînait le défunt dans l’entretien. Et ce n’est pas tout ! Dans cet échange, le réalisateur disparu ne manquait pas de s’exprimer sur sa démarche artistique qui ne faisait pas dans la facilité. «J’ai toujours abordé dans mes films des sujets qui touchent la société marocaine. Je prends mon temps et je dépense de ma poche pour faire un bon film au public. Je ne fais pas le cinéma du cocotte-minute», lançait-il dans le même entretien.


Mieux encore, l’artiste disparu y a remonté le temps. «Après des études en droit, j’avais la chance d’intégrer la télévision marocaine en tant que rédacteur d’infos. Je me suis bien formé dans le domaine audiovisuel sous les auspices des professionnels de ce temps-là. Vraiment c’était la belle époque pour moi. Dans mon cas, c’était court (7 ans) mais bénéfique, car j’ai eu l’opportunité de faire le premier pas dans ma carrière cinématographique à travers le long-métrage «La braise». C’est ainsi que j’ai déployé mes efforts et j’ai pu réaliser des documentaires, des courts et longs-métrages ainsi que des séries et émissions télévisées. Ainsi, j’ai peaufiné mon savoir-faire pour créer en 1989 ma boîte de production par laquelle j’ai produit une pléiade de films cinéma et télé ainsi que des pubs et des clips vidéo marocains et étrangers», détaille-t-il dans l’entretien à propos de son parcours plein d’enseignement.

 

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