Industrie cinématographique au Maroc : Ce que recommande l’Unesco pour développer le secteur

Industrie cinématographique au Maroc : Ce que recommande l’Unesco pour développer le secteur

Elaborer un cadre réglementaire, instaurer des mesures incitatives de base pour la production…

L’industrie cinématographique et audiovisuelle est l’un des secteurs mis à mal par la crise de Covid-19. Fermeture des salles de cinéma, chute de l’investissement des productions étrangères, report et annulation de grandes manifestations cinématographiques… l’impact est lourd. C’est dans ce contexte que l’Unesco vient de publier des recommandations stratégiques pour le développement des secteurs du cinéma et de l’audiovisuel en Afrique, invitant les décideurs politiques, les organisations professionnelles, les entreprises, les cinéastes et les artistes à les mettre en oeuvre de manière concertée. «La publication est conçue pour aider l’industrie cinématographique et les décideurs à faire le point sur le paysage actuel et à planifier stratégiquement la croissance future», lit-on dans le rapport intitulé «L’industrie cinématographique africaine : tendances, défis et opportunités de croissance ».

Quatre modèles stratégiques de développement à suivre

Dans son rapport, l’Unesco cite quatre modèles stratégiques de développement et de croissance du secteur à suivre, en l’occurrence le modèle Nollywood, Auteur, Service et Festival. Ainsi, chacun de ces modèles propose des recommandations visant à renforcer les secteurs cinématographiques et audiovisuels nationaux. Le premier est basé sur l’élimination des obstacles administratifs et financiers pour laisser le champ libre aux initiatives privées. Le développement du maillon «distribution» de la chaîne de valeur est également primordial. Quant au 2ème modèle, il est axé sur l’élaboration des partenariats financiers, collaborations avec des centres culturels étrangers et l’organisation des événements interculturels. En ce qui concerne le 3ème modèle, il est axé sur l’élaboration des systèmes de dégrèvement fiscal attractifs et des accords de coproduction. Enfin, le dernier modèle est fortement conseillé aux pays pour garantir un financement public permettant de soutenir l’organisation de l’événement sur le long terme, pour qu’il «devienne une manifestation régulière inscrite de manière permanente au calendrier annuel de l’industrie cinématographique et audiovisuelle».

Un kit de démarrage pour le cinéma

Le rapport recommande de mettre en oeuvre les mesures d’un kit de démarrage de base pour le cinéma et l’audiovisuel, afin de préparer le terrain pour des actions futures. Ces mesures incluent en premier lieu l’élaboration d’un cadre institutionnel et réglementaire. Ceci à travers la mise en oeuvre d’une politique cinématographique et audiovisuelle nationale, un organisme gouvernemental ou parapublic dédié, une loi ou une réglementation sur la propriété intellectuelle et un cadre de mise en oeuvre qui intègre un organisme de gestion collective incluant le cinéma et l’audiovisuel. En second lieu, le rapport propose d’instaurer des mesures incitatives de base pour la production, en fonction de la situation économique. «Un second niveau de mesures incitatives pour la production pourrait inclure un fonds de soutien financé par les recettes perçues grâce aux visas accordés aux équipes de tournage étrangères, aux permis de tournage ou à d’autres charges, les frais de licence des sociétés de diffusion et une part des taxes sur la billetterie des cinémas…». Enfin, le rapport recommande la mise en place d’un programme de formation professionnelle dédié ou un accès facilité aux outils de formation en ligne.

Cartographie

Dans son rapport, l’Unesco publie pour la première fois une cartographie complète de l’industrie cinématographique et audiovisuelle dans 54 pays africains dont le Maroc, incluant des données quantitatives et qualitatives et analysant leurs forces et faiblesses aux niveaux continental et régional.

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