Culture

Jilali Ferhati ou la mémoire ressuscitée

© D.R

Aujourd’hui le Maroc : Sur quoi repose le scénario de “Mémoire en détention“ ?
Jilali Ferhati : C’est l’histoire de deux personnages. L’un appartenant à une génération ancienne qui manque de mémoire, tout en portant en elle l’expression d’une douleur vive, l’autre est jeune et rempli d’une curiosité légitime à l’égard de l’Histoire. À travers un voyage à la recherche d’amis, le jeune personnage s’active à réveiller la mémoire de l’homme mûr. Les rapports entre les deux personnages constituent l’épine dorsale de la trame du film. Ils portent d’ailleurs tous les deux les séquelles douloureuses d’une période donnée.
La période dite des années de plomb ?
Je n’ai pas employé cette expression. D’ailleurs, je n’ai pas la prétention d’éclairer l’Histoire du Maroc en une heure et demie. Les livres sont faits pour cela. En ce qui me concerne, je traite d’une période précise dans l’histoire du pays. L’idée du film, je la porte en moi depuis très longtemps, bien avant que ne fleurisse la littérature des prisons. D’ailleurs, je ne me suis pas trop éloigné de mon idée originale. Un personnage perd la mémoire en prison et la retrouve grâce à un catalyseur, son jeune compagnon, qui est également en quête de son passé. Le rapport des deux personnages se caractérise par une lutte d’une grande agressivité.
Quels sont les acteurs qui jouent dans le film?
Mohamed Marouazi tient le rôle de Zoubair, le jeune personnage. Fatima Loukili, Rouiya et Fatima Benhida jouent également dans le film. Quant à moi, j’interprète le rôle de Mokhtar, le personnage amnésique. Les prises de vue ont été effectuées à Ben Slimane, Casablanca, Rabat, Assilah et Ksir Sghir. Au niveau du budget, ça a été très douloureux. Rien n’est encore arrêté, mais je peux annoncer que ça tourne entre 5 et 6 millions de DH.
Pourquoi tenez-vous un rôle principal ? Y’a-t-il des éléments autobiographiques dans le film?
Absolument pas ! Il y a des périodes qu’on n’a pas besoin de vivre pour imaginer l’inimaginable. Quant à être devant et derrière la caméra, j’ai un peu d’expérience avec “Poupées de roseaux“ et “Chevaux de fortune“. J’avoue que c’est très compliqué, parce que quand on est devant la caméra, on perd le regard global. Mais comme j’ai tellement travaillé le personnage de Mokhtar, je le connais si bien qu’à la limite, je n’ai même pas besoin de l’interpréter: je le porte en moi.
Quand pourra-t-on voir le film dans les salles?
Je ne sais pas du tout ! Le mixage et le tirage des copies restent à faire. Je préfère ne pas fixer de date, mais si tout va bien, j’espère que le public pourra le regarder au mois de février.

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