Khadija Naamouni compare Bouya Omar à Notre Dame de Lourdes

Khadija Naamouni compare Bouya Omar à Notre Dame de Lourdes

Nouvelle publication chez La Croisée des chemins

Bouya Omar est toujours vivant dans la littérature de Khadija Naamouni. Son essai «Le culte de Bouya Omar», qui vient d’être réédité par La Croisée des chemins après une première publication en 1993, établit une comparaison avec le célèbre lieu de culte appelé «Notre Dame de Lourdes». Ainsi, «Le culte de Bouya Omar. Le passé similaire de Lourdes» offre, selon les éditions, une compréhension «autour des cultes des saints, l’affairisme hagiographique ainsi que les conséquences sur les malades».

A lui seul, le sanctuaire de Bouya Omar continue, selon l’auteure, à résister à la crise violente de sa réputation. Dans ce sens, elle rappelle l’envergure de l’opération «Al Karama», menée par le ministère de la santé en 2015 pour délivrer les malades, qui n’est, cependant, pas arrivée à supplanter le recours à la grâce du saint. «Malgré la baisse de sa capacité cultuelle et de ses activités économiques, il est toujours ouvert aux pèlerins qui cherchent à bénéficier de sa «baraka». Même si nous sommes loin des foules de l’apogée de Bouya Omar que j’ai relevée dans mes précédentes recherches», détaille Khadija Naamouni. Par contre, le Maroc n’est pas, pour elle, un cas isolé. Dans toutes les sociétés, la fréquence et l’intensité des recours aux cultes thérapeutiques sont, au sens de l’écrivaine, génératrices du «mercantilisme hagiographique».

«Comme Bouya Omar, à ses débuts, Lourdes le plus prestigieux sanctuaire de la chrétienté a traversé une multitude d’accusations sur l’exploitation et sur la situation dramatique des malades. Et ce, pendant plusieurs décennies avant d’asseoir sa légitimité cultuelle et spirituelle face à la science et la médecine», ajoute-t-elle. C’est, en effet, ce présent et ce passé de l’affairisme hagiographique du sanctuaire de Bouya Omar au Maroc, des sanctuaires de Lourdes en France et ses conséquences sur les malades dont il est question dans le présent ouvrage.

Outre cette publication, les travaux de Khadija Naamouni, docteure en anthropologie et ethnologie à l’Ecole des hautes études en sciences sociales à Paris, portent sur les cultes thérapeutiques.
Elle a participé à plusieurs colloques et congrès d’anthropologie de la santé et de la maladie en Algérie et en Europe. Elle mène aussi des recherches de terrain au sein d’une équipe pluridisciplinaire des Sciences humaines et santé, sur les permanences d’accès aux soins de santé (les PASS) à l’hôpital (Paris).

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *