La vitrine d’un Maroc tolérant et pluriel : Caftan, plus qu’un défilé…

La vitrine d’un Maroc tolérant et pluriel : Caftan, plus qu’un défilé…

Le 10 mai, Caftan a soufflé sa 18ème bougie avec un show époustouflant de plus de deux heures diffusé en direct sur 2M, alternant défilés de caftans haute couture et tableaux artistiques inspirés de la thématique «Splendeurs des empires». Un podium, des mannequins, des danseurs… Caftan ne se limite pourtant pas à cela.
 
Des origines de Caftan

Rendez-vous du glamour, du luxe et des paillettes, Caftan c’est aussi et avant tout un évènement engagé qui soutient chaque année une association marocaine afin de faire connaître au grand public les causes pour lesquelles elle se bat chaque jour. Né il y a 18 ans à l’initiative du magazine «Femmes du Maroc», Caftan est le fruit d’une volonté de montrer autrement la femme marocaine et le Maroc. En 1996, les femmes, rappelons-nous en, n’avaient pas le droit au divorce, étaient victimes de répudiation, vivaient sous la tutelle de leur père puis de leur mari et étaient considérées comme d’éternelles mineures, quand bien même celles-ci devenaient mères de famille…

«Femmes du Maroc» est sorti en kiosque à cette période précisément et s’est fait un devoir de militer sans relâche pour l’émancipation de la femme marocaine. Chaque mois, sur le terrain, aux côtés des militantes féministes, autour de tables rondes dédiées aux droits des femmes, l’équipe du magazine a œuvré pour que la donne change et que les femmes de notre beau pays aient droit à la parole et puissent exister au même titre que les hommes. Pari en partie gagné en 2004 avec l’obtention de la nouvelle Moudawana.

Quel rapport avec Caftan pensez-vous ? La filiation de Caftan avec «Femmes du Maroc» n’est pas anodine. «Femmes du Maroc», de par son nom, incarne depuis toujours l’identité de la femme marocaine, qu’elle soit au Maroc ou à l’étranger. «Femmes du Maroc» est pour elle une référence qui lui permet de savoir d’où elle vient, où elle va et le chemin qui lui reste encore à parcourir pour parvenir à s’accomplir. À l’image du magazine, Caftan est engagé, émancipé et sans complexe et ne se contente pas d’être un simple défilé de mode.
 
Caftan, chantre du patrimoine marocain

Il y a 18 ans, aucun défilé de mode n’existait au Maroc. Le caftan était porté lors des grandes cérémonies mais on ne le considérait pas pour autant comme un emblème national. Le patrimoine culturel marocain et sa richesse n’étaient d’ailleurs pas à l’ordre du jour. On déconsidérait notre propre identité.

En donnant naissance à Caftan, «Femmes du Maroc» a souhaité mettre en lumière la femme marocaine dans toute sa beauté et sa grâce et par la même occasion l’habit traditionnel marocain que nous envie aujourd’hui le monde entier. C’était une manière de s´assumer et de faire prendre conscience aux marocains des trésors de leur culture. Le public a d’ailleurs répondu présent à l’appel car dès la première édition, des milliers de personnes ont afflué au spectacle et de grands noms de la mode internationale comme Jean-Paul Gaultier ont associé leur nom à l’événement.
 

Caftan, levier de développement

Grâce à Caftan, le public découvre chaque année des créateurs jusqu’alors méconnus. Propulsés dans la lumière, estampillés du label haute couture spécifique à cet événement, ceux-ci voient leur carrière décoller et les commandes affluer du monde entier, car oui, Caftan est suivi à l’échelle internationale. Et dans les coulisses de cette grande machine, ce sont des milliers de marocains qui profitent du succès de l’événement. Et pour cause, véritable levier de développement, Caftan fait travailler directement et indirectement des milliers d’artisans aux quatre coins du Maroc pour la confection des collections de caftans spécialement conçues pour l’événement. Le prix de revient d’un caftan haute couture débute à 50.000 dirhams et près de 120 tenues défilent sur le podium…. Faites le calcul. Les retombées économiques pour le Maroc sont considérables car l’impact financier de l’événement se fait ressentir tout au long de l’année dans toutes les régions du pays. En effet, le défilé et sa publication dans le numéro de juin de «Femmes du Maroc» sont très attendus par couturiers, artisans, maâlems et autres créateurs qui s’en inspirent pour confectionner leurs propres collections.
 
Caftan, symbole de la diversité et de l’acceptation de l’autre

Avec le temps, Caftan a pris de l’ampleur et a mué en fashion show qui fait la part belle au spectacle avec des chorégraphies faisant écho au défilé et à la thématique de l’année. Si les créateurs mettent en avant la haute couture marocaine, les artistes, quant à eux, sont là aussi pour représenter les arts populaires marocains. Faire monter sur scène les Ahwach de Tiznit n’est pas anodin. Inviter à chanter Ahmed Soultan en amazigh ne l’est pas non plus au même titre que de convier Francoise Atlan, chanteuse judéo-marocaine, à donner de la voix devant des millions de téléspectateurs. Enfin, que dire du dernier tableau artistique de cette 18ème édition mettant en scène le jeune et talentueux Douzi chantant «Laâyoun Aîniya»? Un hymne au Maroc et à l’intégrité de son territoire reconnu et applaudi par le monde. Certains l’auront compris, Caftan aujourd’hui se fait le porte-voix d’un Maroc pluriel, à l’identité riche de par son métissage culturel et religieux.

Un pays que le monde entier nous envie pour son ouverture d’esprit, sa diversité identitaire et que le monde entier respecte pour avoir osé constitutionnaliser ses différences. Car depuis l’accession au  trône de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, commandeur des croyants, le Maroc a renforcé ses valeurs d’ouverture sur le monde, de respect de l’autre et de tolérance. Cet état d’esprit fondé sur de telles valeurs universelles, Caftan les incarne parfaitement tout en faisant rayonner cette vitrine du Maroc aux niveaux national et mondial. Et de quelle manière puisqu’ils sont 9 millions de téléspectateurs à avoir regardé et applaudi Caftan en direct sur une chaîne publique.

Aujourd’hui, le Maroc peut être fier d’avoir réussi le mariage de la religion et de la modernité mais cet équilibre doit être préservé à tout prix.

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