L’Académie du Royaume explore «La Méditerranée comme horizon de pensée»

L’Académie du Royaume explore «La Méditerranée comme horizon de pensée»

En prélude à l’organisation de sa 47ème session annuelle

Après avoir organisé durant les deux dernières années une série de rencontres scientifiques et de réflexion autour de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique comme horizons de pensée, l’Académie du Royaume poursuit son travail d’exploration géographique, historique, identitaire et culturel et s’intéresse cette fois-ci à «La Méditerranée comme horizon de pensée». «Cet espace n’est pas une simple étendue maritime sur les bords de laquelle vivent des sociétés africaines, européennes ou arabes.

C’est aussi le berceau des trois religions monothéistes ainsi que le point de départ de grandes civilisations humaines, à tel point que la Méditerranée a été considérée, par le passé, comme le centre du monde», a indiqué à propos de ce sujet Abdeljalil Lahjomri, secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc, lors d’une conférence organisée au siège de l’institution à Rabat, dans le cadre des conférences préparatoires de la 47ème session annuelle de l’institution.
Dans le même contexte, le professeur Mhammad Benaboud, membre correspondant de l’Académie royale d’histoire à Madrid et de l’Académie royale des beaux-arts de Séville, a abordé, quant à lui, le sujet du «Pont culturel traversant la Méditerranée et qui a, de tout temps, lié l’Andalousie et le Maghreb».

Dans son intervention, il a commencé par rappeler que «la Méditerranée a toujours été parmi les régions les plus stratégiques et les plus riches sur les plans géographique et culturel dans le monde. Elle a également constitué un pont culturel qui a permis à différentes tendances culturelles d’interagir entre elles». Et de noter que «les eaux de la mer Méditerranée ont à la fois séparé et connecté l’Andalousie et le Maghreb. Ils n’ont jamais été une oasis de paix et de bonne entente entre les différentes cultures et civilisations qui ont vécu autour». M. Benaboud a affirmé que «L’histoire de la Méditerranée est ainsi pleine de contradictions qui doivent être acceptées comme faisant partie de la réalité historique de la région».

Il ajoute dans ce sens que «malgré cet environnement mouvant, et les guerres qui ont parfois éclaté dans la région, les occasions d’échange et de communication n’ont jamais manqué». Selon lui, la région méditerranéenne a été une zone commune de navigation, de commerce et d’échange et d’interaction culturelle (…) Pour se rendre à La Mecque et à Médine au Moyen-Âge, les populations andalouses et maghrébines ont dû traverser une partie de la mer Méditerranée, que ce soit par voie maritime ou terrestre. «Ce contact spirituel a également conduit à une variété de contacts, notamment entre universitaires et juristes à la recherche de nouvelles connaissances», fait-il savoir, en indiquant qu’au niveau culturel, c’est l’échange d’idées à travers la Méditerranée entre Al-Andalus, le Maghreb et le monde islamique qui a été le plus fascinant. «La langue arabe a joué un rôle clé dans la communication entre scientifiques et théologiens des deux rives. Le malékite est certes né à Médine au cours du deuxième siècle de l’Islam, mais c’est à Al Qaraouiyine qu’il s’est développé pour prendre sa forme définitive.

De nombreux savants d’Al-Andalus, originaires de Cordoue, de Séville ou de Grenade, ont vécu une partie de leur vie à Fès ou à Marrakech», poursuit-il. Et de conclure que «malgré les dissensions et les fractures, des «facteurs unificateurs» entre les deux rives de la Méditerranée et qui ont permis l’édification de ce pont culturel entre l’Andalousie et le Maghreb».

 

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