«L’Afrique vue par ses photographes, de Malick Sidibé à nos jours» au MMVI de Rabat

«L’Afrique vue par ses photographes, de Malick Sidibé à nos jours» au MMVI de Rabat

Elle présente les grands chefs-d’oeuvre du photographe malien et toute une génération de portraitistes africains

La Fondation nationale des musées (FNM) vient d’inaugurer sa nouvelle saison culturelle avec «L’Afrique vue par ses photographes, de Malick Sidibé à nos jours». Il s’agit d’une exposition inédite consacrée au photographe malien et à toute une génération de portraitistes à travers le continent africain. Ouverte à partir du 13 octobre au Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain de Rabat, cette exposition présentera un aperçu sur l’évolution de l’art photographique africain contemporain. «Elle donne à voir des oeuvres jamais vues ailleurs. Elle rend hommage en particulier à Malick Sidibé, un des pionniers de la photographie africaine, qui a immortalisé par ses portraits l’effervescence, l’insouciance et l’euphorie des nuits de Bamako, alors en pleine révolution culturelle dans les années 60.

Bien plus que des photos, les images capturées par Malick Sidibé sont une ode à la vie, imprégnées de beauté et de poésie», indique Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées, lors de la présentation de ce premier rendez-vous de la rentrée. Et d’ajouter que «ce même espoir a nourri le travail de tous les photographes africains d’aujourd’hui qui, à travers leurs photos, posent un regard authentique sur le continent et donnent à voir une vision pleine d’audace et de résilience d’une Afrique en voie d’émergence». Il faut noter que «L’Afrique vue par ses photographes, de Malick Sidibé à nos jours» est réalisée en partenariat avec les prêteurs et les collectionneurs Gervanne et Matthias Leridon, Michel Philippot et la collection D.M.

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Des clichés des «Soirées» bamakoises et des scènes de fêtes

La première exposition donne à voir les portraits instantanés de Malick Sidibé réalisés dans la pure tradition du studio africain. Dans une première salle sont exposés les clichés des «Soirées» bamakoises des années 1960-70 et 80, immortalisées par Sidibé. On y voit des scènes de fêtes où les danseurs exaltent la joie de vivre et la libération par la musique. «Malick Sidibé a donné, par son travail photographique, une visibilité à la société africaine qui accède alors à sa propre représentation tout en s’interrogeant : comment se fabrique une identité ? L’exposition monographique de l’artiste malien donne à voir des sujets portraiturés qui affirment leurs ambitions et leur désir du rang social tout en l’incarnant par le biais de la photographie : c’est une promesse envers soi-même», explique Jeanette Zwingenberger, commissaire associée de l’exposition. Dans une seconde salle intitulée «Fresque familiale», Sidibé capture, en studio ou ailleurs, des événements clés de l’histoire d’une personne : rencontre, mariage ou naissance.

Plus de 23 artistes africains questionnent les héritages postcoloniaux

Parallèlement, le second parcours se focalise sur les jeunes photographes africains contemporains qui interrogent et déconstruisent les stéréotypes et les clichés longtemps assimilés à l’Afrique, en rupture avec l’optimisme de Malick Sidibé. On trouve les portraits du Marocain Hassan Hajjaj, du Camerounais Samuel Fosso, du Béninois Leonce Raphael Agbodjelou, du Zimbabwéen Kudzanai Chiura et de la Sud-africaine Zanele Muholi… «Ceux-ci construisent un récit collectif qui réunit des histoires singulières. Leurs photos interrogent les croyances et les mythes, et questionnent les héritages postcoloniaux et les enjeux socio-politiques et climatiques du 21ème siècle. «L’exposition s’articule autour de quatre axes, à savoir «L’identité multiple ou archétype», «L’archipel Afrique, entre imaginaire et réalité», «Portraits sociaux-politiques et héritages postcoloniaux» et «Paysages du désastre».

Ce dernier traite de la survie autant des exclus que de la surexploitation planétaire. En tant que passeurs de frontières, Moufouli Bello, Pieter Hugo, Osvalde Lewat, Mário Macilau et Moïse Togo donnent une visibilité aux êtres confrontés à la précarité de l’existence et leur donnent un visage», conclut Mme Zwingenberger. Une fois de plus, à travers ces deux expositions inédites le Musée Mohammed VI offre un beau panorama réunissant des photographes de différentes générations, d’une vingtaine de nationalités africaines. Leurs travaux respectifs sont présents dans les plus grandes collections du monde. Ils exposent les enjeux contemporains, sociétaux, culturels, politiques et écologiques.

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