Culture

Festival Twiza Tanger : L’amour et la haine à l’ère du numérique en débat

© D.R

Dépendance.
Cette rencontre a permis de mettre l’accent sur l’impact des nouvelles technologies sur les vies quotidiennes et la manière d’agir ou d’exprimer les émotions humaines à travers les plateformes des réseaux sociaux.


La deuxième journée de la vingtième édition du Festival méditerranéen de la culture amazighe (Twiza) de Tanger s’est distinguée, vendredi 24 juillet, par une conférence sous le thème «L’amour et la haine à l’ère du numérique». Modérée par Manal El Akhdari, professeure de journalisme audiovisuel à l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC) de Rabat et ex-journaliste de télévision, cette rencontre a permis de mettre l’accent sur l’impact des nouvelles technologies sur les vies quotidiennes et la manière d’agir ou d’exprimer les émotions humaines à travers les plateformes des réseaux sociaux. «Cette rencontre intervient dans un contexte particulier marqué par l’expansion de l’intelligence artificielle générative et par le développement exponentiel de tout ce qui se rapporte au numérique et aux nouvelles plateformes. Cette nouvelle donne technologique impose aujourd’hui de nouvelles logiques pour aimer et celles également pour haïr», a affirmé Mme El Akhdari.
Cette rencontre s’est enrichie par la participation de Najat Vallaud-Belkacem, écrivaine et ancienne ministre française d’origine marocaine, Alain Deneault, philosophe canadien, et Mokhtar Chaoui, écrivain marocain, en se basant sur leurs enquêtes, études d’analyses ou expériences personnelles tirées de leurs écrits, et ce en rapport avec ce thème. Ils ont essayé de faire une lecture critique et d’apporter des solutions pour échapper à la domination des géants du numérique (GAFAM). A l’instar de Mme Vallaud-Belkacem, qui a abordé le sujet de la dépendance de l’utilisateur vis-à-vis des outils numériques et l’intérêt GAFAM à garder l’utilisateur le plus longtemps possible en ligne afin d’en tirer le maximum de profit auprès des marques et annonceurs. En se basant sur les des données tirées de son dernier livre «Sevrage numérique : Enquête sur notre rapport aux écrans et comment nous en libérer», le temps qu’on passe devant les petits écrans, a-t-elle expliqué, est énorme. «On y passe en moyenne 56 heures par semaine. Soit 27 années d’une vie rivés sur les écrans», a-t-elle dit, tout en plaidant pour la régulation des plateformes, pour échapper aux contenus plus haineux et sensationnalistes.
De son côté, M. Deneault a entamé son intervention par une expression à deux sens, en l’occurrence «L’économie de la haine». Il s’agit de créer «une économie plus vaste qui prend appui sur la haine, la domination, la terreur, la violence, le déclassement, le mépris, la hiérarchie, …, mais qui ne l’admet pas, ne l’affirme pas et ne le montre pas», faisant remarquer que la haine n’est plus sous ses formes traditionnelles, mais elle se manifeste avec les plan d’entraide, de partenariat… Pour sa part, M. Chaoui a qualifié la haine comme un commerce juteux et a cherché à montrer comment les grandes plateformes et décideurs y focalisent leurs travaux. «A mon avis, la haine est vendeuse», a-t-il conclu.