Culture

L’artiste peintre expose ses œuvres à la fois à Casablanca et à Madrid : Loubna Benchekroun, la quête de l’invisible

© D.R

La plasticienne marocaine Loubna Benchekroun expose ses derniers travaux à la fois à Casablanca et à Madrid. Un nouveau cap, avec une nouvelle immersion chromatique, qui s’apparente à une aventure dans des territoires inconnus.

Loubna Benchekroun

Il n’est pas aisé de mettre de côté sa zone de confort en tant qu’artiste pour braver l’inconnu. Certains y ont perdu leur voie. D’autres n’en sont jamais revenus. Quand certains arrivent à trouver la lumière dans l’invisible. C’est le cas de Loubna Benchekroun, qui fait là un virage à 360 degrés, avec une autre approche de son art, plongeant dans l’inconnu, expérimentant de nouvelles approches picturales, de nouveaux matériaux, de nouvelles nuances chromatiques et surtout un nouvel élan, plus libre, plus indépendant, plus assumé. Oui, Loubna Benchekroun s’assume et assume ses choix de peintre, qui veut rompre avec les premières influences et les premières tendances.

Pour l’artiste, «c’est une trajectoire naturelle pour moi. J’ai dû aller au bout d’un chemin avant d’en prendre un autre. Il a fallu arriver à cette maturité pour pouvoir trancher et aller de l’avant pour trouver d’autres territoires picturaux», confesse Loubna Benchekroun. En effet, ce qui attire l’œil dans les nouveaux travaux de Loubna Benchekroun, c’est son inclination vers d’autres signes chromatiques qui sont la signature de l’artiste aujourd’hui. Des suites de couleurs qui densifient l’espace de la toile et rendent compact un travail qui assume son abstraction et en revendique à la fois la charge visible et les signifiances invisibles.

Nous sommes aujourd’hui face à une approche de questionnements, un travail d’interrogations, d’abord pour soi, pour que l’artiste puisse multiplier les cheminements entre ce qui l’habite, ce qui le bouleverse et ce qui le transmue le menant vers d’autres espaces encore à explorer et à habiter. Il y a aussi dans ces nouvelles manifestations picturales de Loubna Benchekroun d’autres interrogations sur la vie, sur la passion, sur la vérité et son corollaire la véracité, sans oublier l’amour, le désir et le temps. Car, c’est là une thématique incontournable dans le travail de l’artiste, essayer de scruter le mystère du temps qui nous dépasse. Oui, ce temps qui fuit. Ce temps qui nous échappera toujours et que seul l’art peut nous faire tenir, le temps d’un instant, pour en contempler et la force et la profondeur.
Chez Loubna Benchekroun, dans sa manière d’être avec son support et ses contours, le style est toujours empreint de simplicité, mais dans sa simplicité réside toute sa complexité puisque c’est un travail de strates, un processus d’ajouts, un ensemble dense où la peintre doit élaguer, émonder, retrancher, par à-coups, par paliers, pour atteindre un rendu limpide, construit, stratifié, qui rend compte sur la masse compacte de l’imagination. C’est ici que les formes remplissent leur fonction de réceptacle des couleurs.

Les formes impliquent tel ou tel bleu, tel ou tel rouge, telle ou telle nuance, pour que la forme reste souveraine dans un ensemble où la lumière est toujours souveraine. Oui, dans ce travail, qui va de l’Être à l’Être, qui trace des lignes de perception aussi profondes, ce qui prime c’est le rayonnement, ce faisceau lumineux qui entre au cœur de la toile et y siège en faisant le centre palpitant.
Loubna Benchekroun tient absolument à faire de la clarté le cœur même de son approche picturale. Quels que soient les couleurs qui entrent en jeu sur la surface de la toile, elles sont toutes tendues par la même lumière qui en fait ressortir l’essence. La lumière est ici à la fois une exigence d’éclat, mais aussi un besoin de rendre à la couleur sa fonction première : éclairer l’espace, draper l’âme de ce halo lumineux apparentable à une déflagration intérieure qui essaime des étoiles de pureté sur le cadran des jours. C’est cela l’impératif chromatique premier auquel obéit le travail de Loubna Benchekroun.
Nous sommes aujourd’hui face à une exigence de force. Nous sommes devant une volonté certaine de don. C’est une marche vers l’ouvert que nous propose l’artiste. Car toute cette démarche picturale est tournée vers ce qui va venir, ce qui adviendra, ce qui est toujours en train de naître. Oui, la peinture de Loubna Benchekroun est née sous le signe de l’espoir. Celui de l’Être qui engage le monde dans un élan d’amour. Sauf qu’aujourd’hui, l’artiste le décline avec un autre prisme, celui de l’abstrait qui dévoile un peu l’inconnu sans le révéler.

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