«Mon père a trouvé la mort un vendredi soir. Son Aston Martin s’est écrasée contre le parapet d’un pont. Je n’étais pas dans la voiture. J’avais 5 ans. De lui, il me reste peu de souvenirs et quelques trésors : une montre qui sonne les heures, un stylo dont la plume penche à droite et cette carte-postale, où il me demandait en lettres capitales : que dit la Reine du silence? Cette phrase posait une énigme impossible à résoudre pour la petite fille que j’étais, énigme cruelle et envoûtante qui résume toute la difficulté du métier d’enfant. Énigme qui, à l’époque, se formulait ainsi : Que pourrait bien dire la Reine du silence sans y perdre son titre et l’affection de son papa ? Ou encore : comment, à la fois, parler, et ne pas parler. J’étais coincée. Prise au piège de l’intelligence paternelle. » Suivant les traces de son père, Marie Nimier est romancière et auteur d’une dizaine de romans, parmi lesquels : « Anatomie d’un choeur », « L’Hypnotisme à la portée de tous », « Celui qui court derrière l’oiseau», « Domino », « La Nouvelle pornographie » et « La Reine du silence». Après une jeunesse de militante gauchiste et d’étudiante en théâtre et en littérature, elle commence à gagner sa vie en chantant au sein des Jeunesses musicales de France, mais très vite l’écriture s’impose à elle.
La reine du silence,
Marie Nimier, Editions Gallimard,170 pages.









