Le mois du jeûne ayant toujours été considéré comme une période de haute saison : Les artisans de Tanger à la peine

Le mois du jeûne ayant toujours été considéré comme une période de haute saison  : Les artisans de Tanger à la peine

Bien que leur situation semble en quelque sorte meilleure qu’au début de la pandémie de la Covid-19, les artisans à Tanger disent avoir du mal, pour la deuxième année consécutive, à retrouver le rythme de leur activité pendant le mois du Ramadan, comme en temps normal.

D’autant plus que ce mois sacré ayant toujours été considéré pour la plupart d’entre eux comme une période de haute saison compte tenu d’une forte demande pour les produits d’artisanat, dont les tenues traditionnelles (jellabas, abayas, babouches,…, pour adultes et enfants), Chebakia et autres gâteaux ramadanesques…, enregistrée au cours de ces trente jours du jeûne. Contrairement à Ramadan 2020, où «les couturiers traditionnels, comme les autres artisans, ont arrêté de travailler en respect des premières mesures du confinement, ils connaissent cette année un certain regain de leur activité permettant à peine de couvrir leurs dépenses», fait savoir Mohamed Nachit, couturier traditionnel et président de la commission des foires à la Chambre d’artisanat de Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

Même engouement pour les habits traditionnels

Malgré la crise, cette année connaît, selon cet acteur professionnel, un engouement pour les habits traditionnels de la part des Tangérois qui ont l’habitude de célébrer le mois de Ramadan comme il se doit. «J’ai appris de mes collègues couturiers, dont ceux de Plaza Toro, Drissia, Béni Makada qu’ils ont connu une augmentation de la demande à cette occasion. Mais l’avancement de l’heure du couvre feu pendant le mois de Ramadan a perturbé notre activité. Surtout que nous effectuons la plupart de notre travail dans nos ateliers et qu’il très difficile de les réaliser chez-nous. A l’exception de l’Akad et d’autres petites choses faites à la main», explique M. Nachit

Après avoir raté plusieurs occasions depuis le début de la pandémie, les professions ont misé beaucoup sur le mois de Ramadan et l’Aïd El Fitr pour pouvoir se rattraper et redresser leur situation. Ainsi et avec le maintien des restrictions sanitaires en place, la situation demeure, à leurs yeux, incertaine et la reprise semble très difficile. «Notre secteur est parmi les plus affectés par la crise. Car plusieurs couturiers traditionnels ont décidé d’abandonner et de se retirer définitivement du métier à cause du manque de moyens pour régler le loyer, les frais d’électricité,… Sans oublier les artisans de l’ancienne médina qui ont choisi pour leur majorité de garder leurs ateliers fermés en raison des travaux de réhabilitation menés sur les lieux», a dit M. Nachit, faisant remarquer qu’en attendant l’allègement des restrictions sanitaires et l’achèvement des travaux de réhabilitation et d’embellissement de l’ancienne médina, qui sont destinés à jouer en faveur de l’amélioration de l’attractivité touristique de la ville, «nous devons faire de notre mieux pour pouvoir continuer à exercer notre métier, voire penser à nous préparer pour la période de l’après crise».

Une aubaine pour tous les métiers de proximité

En plus des couturiers traditionnels, les représentants d’autres métiers de production ou de services d’artisanat ont toujours considéré le Ramadan comme une aubaine, leur permettant d’augmenter leurs chiffres d’affaires.
Comme c’est le cas d’Abdelaziz Bouhali, président de la commission du budget et des affaires financières à la Chambre d’artisanat de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et exerçant comme coiffeur depuis une trentaine d’années, qui fait part que la situation est bien meilleure que l’année dernière où les professionnels ont dû arrêter leurs activités en respect des premières mesures du confinement. «Nous faisons partie des métiers de proximité qui existent dans tous les quartiers de la ville.

Nous cherchons toujours à inventer et être au courant des nouvelles coupes de cheveux, mais aussi nous adapter à l’horaire de notre clientèle. Avant la pandémie, nous avions l’habitude, pendant le Ramadan, d’ouvrir après la prière de Tarawih, où nous recevons généralement plus de nos clients», dit M. Bouhali, faisant remarquer qu’avec l’avancement de l’heure du confinement, les professionnels ont perdu une grande partie de leur clientèle pendant le Ramadan.

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