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Le PCNS met en œuvre la culture savante écrite et la culture populaire orale

Selon Policy Center for the New South Africa, la culture marocaine a affronté plusieurs civilisations plus structurées et plus puissantes, en l’occurrence les Phéniciens, les Grecs, les Romains, les Arabes et tous les Européens de la mer Méditerranée.

Le Policy Center for the New South Africa a publié un policy brief sous le thème «Patrimoine immatériel : valoriser un référent culturel africain», examiné par l’écrivain Moha Souag. Dans cette étude, l’auteur met en lumière dans un premier temps la culture savante écrite et la culture populaire orale. «Rares sont les sociétés africaines qui ont gardé, enseigné et transmis une écriture aux générations futures. Jusqu’à nos jours, seules deux graphies ont survécu à l’oubli, la négligence et aux tourmentes de l’histoire : l’écriture amharique en Ethiopie et le tifinagh chez les Touaregs. La traite esclavagiste et les colonisations ont bloqué, d’une manière brutale, l’évolution naturelle de la culture et de la civilisation africaines. Le manque de traces scripturales de la pensée africaine portée par une culture et une tradition orale à travers les siècles a laissé l’Occident penser que c’était un continent vide, sans référence philosophique ou cosmogonique», lit-on dans le document. L’auteur considère, par ailleurs, que le Maroc en tant que pays africain, carrefour des civilisations et pont entre les cultures, a vécu des chamboulements historiques qui l’ont marqué. Tout en indiquant que sa situation géographique en a fait le passage incontournable de plusieurs peuples. «Le Maroc est la porte de l’Afrique vers l’Europe, la porte de l’Europe vers l’Afrique, la porte vers la mer Méditerranée et l’océan Atlantique. Comme disait déjà feu Sa Majesté Hassan II, «le Maroc est comme un arbre, il a ses racines en Afrique et ses branches en Europe» ».

Forte présence d’une culture subsaharienne et hébraïque
Selon la même source, la culture marocaine a affronté plusieurs civilisations plus structurées et plus puissantes, en l’occurrence les Phéniciens aussi bien que les Grecs et les Romains, les Arabes et tous les Européens de la mer Méditerranée. «Les traces érudites de ces luttes pour survivre existent encore chez Homère, narrant les exploits et la visite de Hercule à Tanger pour cueillir les pommes d’or dans les jardins des Hespérides. Les cités de Volubilis ou de Lixus portent encore les traces africaines de ses habitants, les livres arabes d’Ibn Khaldoun ou d’Al Idrissi regorgent de l’histoire de tous ses peuples qui ont traversé le Maroc de l’Europe vers l’Afrique pour faire du commerce ou de l’Afrique vers le Moyen-Orient pour aller vers l’Andalousie ou vers La Mecque», indique-t-il.

L’auteur cite en effet le courant spirituel et des attaches très fortes reliant le Maroc à tous les pays subsahariens limitrophes. «La visite du tombeau de Sidi Ahmed Tijani à Fès en est le symbole. Le nom amazigh de plusieurs fêtes saintes musulmanes et de certaines prières fait encore partie des langues wolof, peul ou bambara comme Tabaski ou Tafaska (fête du sacrifice ou Aïd Al Adha). C’est le 17 octobre 2001, lors du discours de Sa Majesté Mohammed VI à Ajdir, que le Maroc a décidé de se réconcilier avec toutes ses cultures en reconnaissant officiellement la langue amazighe comme une composante d’un pays pluriculturel auprès de la langue hassanie et de l’arabe en tant que langue officielle ainsi que la forte présence d’une culture subsaharienne et hébraïque depuis plusieurs millénaires», explique-t-il.

Du wolof, du bambara ou du peul
Cette situation linguistique, note-t-il, a fait que deux cultures parallèles se développaient simultanément au Maroc. Il s’agit de la culture savante écrite en langue arabe et la culture populaire orale. «Cette dernière garde encore des traces de mots, d’expressions et de concepts archéologiques de toutes les cultures qui l’ont visitée. On y rencontre du wolof, du bambara ou du peul». C’est dans cet esprit que l’Union des écrivains marocains (section d’Errachidia) a organisé une collecte du patrimoine oral de la région du Tafilalet dans le cadre et avec l’aide de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) en 2008. «Nous avons travaillé avec des moyens très réduits mais le corpus est une mine d’or. On retrouve à travers ces textes des recoupements de traditions et de proverbes qui couvrent toutes les aires géographiques des cultures limitrophes», relève-t-il.

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