Le rêve s’éveille par le pinceau d’Abdellah Elatrach

Le rêve s’éveille par le pinceau d’Abdellah Elatrach

L’artiste n’a pas exposé depuis 20 ans

L’artiste-peintre marocain Abdellah Elatrach exposera, du 12 décembre au 11 janvier, ses nouvelles œuvres au B&S Art Gallery de Casablanca. Un espace qui accueillera, vingt ans après la dernière exposition individuelle de l’artiste, une rétrospective de ses toiles autour du thème «Rêve éveillé».

Un sujet cher à Abdellah Elatrach qui exprime l’éclosion du fantastique dans l’esprit humain entre le rêve et la réalité. A ce propos, l’artiste-peintre indique : «Je m’inspire de la vie quotidienne en transformant le thème traité par l’imaginaire». Dans ce sens, l’artiste, qui dit également s’appuyer sur les légendes, conduit l’exemple du coiffeur du souk qu’il traite à sa manière. Pour ce faire, il montre la coiffure à l’ancienne lorsqu’on rasait la tête en laissant juste une touffe, symbole de germination à laquelle on accrochait des gris-gris contre  le mauvais œil. Mieux encore, Abdellah Elatrach indique transformer «une scène ordinaire en réalité imaginaire qui ne se laisse pas déchiffrer au premier abord».

Au travail d’imagination, il ajoute des symboles de son propre cru. Ainsi, le personnage sur la toile a parfois entre les mains des objets insolites, inconnus, indéfinis, qui sont de la propre création de l’artiste. «C’est ce rêve éveillé qui me distingue des autres artistes», enchaîne le créateur qui dit vivre dans une autre dimension du monde où les êtres et les choses revêtent un caractère étrange. C’est du surréalisme.

«C’est comme si j’avais dans mon cerveau une porte qui s’ouvrirait sur un autre monde : en franchissant son seuil on passe de l’autre côté du miroir vers un univers imaginaire. Ce convertisseur cérébral transforme systématiquement les observations les plus banales de la vie de tous les jours en surréalité. C’est ce que j’appelle «le rêve éveillé» sans lequel il n’y aura pas de passage du réel vers l’imaginaire», exalte-t-il. Et ce n’est pas tout. Sa démarche artistique consiste à complexifier à souhait le thème traité pour que l’observateur soit obligé de fournir un effort lors de son déchiffrement.

Ce thème «Rêve éveillé» est partagé par une école légendaire rassemblant, outre Abdellah Elatrach, les artistes Boujamaâ Lakhdar et Abbes Saladi. «On appartient tous les trois à cette même école où l’art se fonde sur les mythes et les légendes populaires. Nous nous fondons sur les contes populaires qui servent comme un moule où se sont fondus nos rêves et notre création artistique», détaille M. Elatrach. A lui seul, le travail de cet artiste est susceptible de ressembler au surréalisme, mais il découle, selon ses dires, «de nos légendes, transmises de génération en génération». Des œuvres qui font la particularité de l’artiste.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *