Hommage
L’une des voix les plus emblématiques du répertoire musical national, le grand Abdelhadi Belkhayat, nous a quittés vendredi dernier laissant derrière lui des chefs-d’œuvre immortels dans la mémoire collective. Plusieurs acteurs de la scène culturelle ont exprimé leur peine à la suite de sa disparition.
La scène artistique et culturelle a perdu Abdelhadi Belkhayat, monument de la chanson marocaine, qui s’est éteint à l’âge de 86 ans, après une longue maladie. Sa voix, chaleureuse et inoubliable, a marqué plusieurs générations et reste gravée dans la mémoire collective. Sa disparition a suscité une vague d’hommages de la part de plusieurs personnalités culturelles. Sa Majesté le Roi Mohammed VI a exprimé Ses condoléances à la famille du défunt. Il a souligné dans Son message que le décès d’Abdelhadi Belkhayat «constitue une grande perte non seulement pour sa famille, mais aussi pour l’ensemble de sa famille artistique nationale et arabe et pour toutes les générations, qui ont apprécié et continuent d’apprécier ses chefs-d’œuvre musicaux, gravés dans le cœur et la mémoire de ses admirateurs et des amateurs de la musique marocaine authentique».
Le Souverain exprime Ses vives condoléances et Sa sincère compassion à l’ensemble de la famille du défunt, à ses proches, à sa grande famille artistique et à tous ses amis et admirateurs, pour cette perte pour le Maroc de l’un de ses fils créateurs et vertueux et d’une figure artistique nationale sans pareil. «Il a répondu à l’appel du Seigneur, satisfait et satisfaisant, après une vie riche en contributions, au cours de laquelle il a enrichi le répertoire musical marocain et arabe pendant plus de cinq décennies, avec des œuvres pionnières et distinguées», lit-on dans la lettre.
De nombreux artistes et personnalités culturelles ont également rendu hommage à Abdelhadi Belkhayat. L’acteur Rachid El Ouali a salué «une voix qui ne se contentait pas de chanter, mais qui éveillait la mémoire et la sensibilité». Pour l’acteur, Abdelhadi Belkhayat n’était pas un simple artiste, il était une école de sincérité, un homme qui a compris très tôt que la chanson pouvait être un miroir de la vie. «Dans son chef-d’œuvre intemporel Le Train de la vie, nous n’avons pas seulement entendu une mélodie, mais vu nos propres existences défiler, nos rêves monter et descendre, et nos adieux auxquels nous n’étions jamais vraiment préparés», dit-il. Il a souligné d’ailleurs qu’Abdelhadi Belkhayat a chanté en devançant son temps. «Il nous a laissé des œuvres qui nous ressemblent: simples en apparence, profondes dans leur impact. Son départ est une perte pour la culture marocaine, mais sa voix ne sera jamais ensevelie, car elle est gravée dans la mémoire d’un peuple et dans le cœur de générations qui ont grandi avec ses mots et appris de sa sagesse silencieuse».
La chanteuse marocaine Samira Said a également rendu hommage à Belkhayat. «J’ai été profondément attristée par le décès de notre regretté Abdelhadi Belkhayat. Sa voix a eu un impact immense sur ma sensibilité artistique et sur l’histoire de la chanson marocaine. Nous l’avions déjà beaucoup regretté depuis longtemps, et maintenant il repose dans la miséricorde de Dieu», exprime-t-elle.
L’artiste Mohamed Mansouri Idrissi a fait part de sa peine immense. «Nous vivons un moment de profonde tristesse… avec le départ du grand artiste Abdelhadi Belkhayat, qui nous a quittés après une longue lutte contre la maladie. Avec sa disparition, le Maroc et le monde arabe perdent l’un des pionniers et des fondateurs de la chanson marocaine authentique, un grand artiste qui a toujours été fier de sa marocanité et qui a fait de sa voix et de son art un symbole d’identité et de fierté nationale».
Pour l’histoire, Abdelhadi Belkhayat a collaboré avec les plus grands compositeurs et paroliers, enrichissant le patrimoine musical marocain d’œuvres intemporelles, allant de la chanson poétique comme «Al Qamar Al Ahmar» et «Achatî» à des titres cultes en dialecte marocain tels que «Bent Ennas», «Kif Ydir Assidi», «Ya Dak El Insane» ou encore «Kitar Al Hayat». Parallèlement à son activité musicale, le défunt a fait ses débuts au cinéma dans deux films du réalisateur Abdallah Mesbahi, qui réunissaient des stars marocaines et égyptiennes. Il s’agit notamment de «Silence, sens interdit» (1973) et «Où cachez-vous le soleil ?» (1979). Avec son départ, le Maroc perd non seulement une voix unique, mais aussi un symbole d’identité et de fierté nationale. Sa musique, elle, continuera de vivre dans le cœur de ceux qui l’ont aimée.










