Culture

Les temps forts d’un festival

La cérémonie d’ouverture n’a pas enchanté tous les invités. Les personnes qui s’étaient déplacées au Palais El Badia pour être vues ont été contraintes de rester dans le noir plus de 2 h 04 mn. La durée du film de Faouzi Bensaïdi ! Cela n’a pas été vraisemblablement du goût de tous, puisque les applaudissements à la fin de la projection ont été très mous. La plupart des invités se sont rués vers la sortie. Certains avaient déjà filé en douce pendant la projection. Pour un chef d’oeuvre du cinéma marocain, l’un des plus beaux films du répertoire national, l’affront au 7ème art est dur. Heureusement que certaines personnes ont été heureuses de la découverte de « Mille mois ». Elles n’ont parlé, ensuite, que de Faouzi Bensaïdi. Quant à la cérémonie sous les feux des projecteurs. Celle qui a précédé la projection du film de Faouzi Bensaïdi. Le public en a retenu deux moments forts. Le très célèbre acteur indien Amitabh Bachchan est monté sur scène, vêtu d’un costume marocain. Il portait une gandoura noire brodée de fils dorés. Tout le monde pensait que c’était une façon polie pour saluer le pays hôte. Non, ce n’était pas une marque de politesse, mais une obligation. Amitabh Bachchan a perdu ses bagages dans l’avion ! Gad El Maleh a été brillant. Avec sa truculence coutumière, il a rendu un hommage très cinématographique à l’une des composantes de la mémoire des salles au Maroc. L’ouvreuse qui se vengeait sur ceux qui ne lui donnaient pas de pourboire en leur racontant la fin du film. Dans la série des hommages, quatre cinéastes ont été décorés, samedi soir, du Wissam de l’Ordre d’Officier par SAR le Prince Moulay Rachid. L’acteur français Alain Delon, le réalisateur portugais Manuel de Olivera, le réalisateur anglais Ridley Scott et le réalisateur américain Oliver Stone. L’acteur français a été particulièrement ému par cet hommage. Il a rappelé « la sympathie » qu’avait pour lui Feu Hassan II. Il a évoqué ses liens avec le Maroc qui remontent à «fort longtemps». Avant d’expliquer que pour un «saltimbanque», l’hommage royal est une consécration d’une carrière de 45 ans. D’un autre côté, la troisième édition du FIFM se caractérise par de nombreuses innovations. Toutes les activités du festival sont concentrées, cette année, dans le palais des congrès. Lors des éditions précédentes, les projections de films se déroulaient dans la salle du Colisée. Si la salle polyvalente du Palais du congrès accueille un nombre plus important de spectateurs, certaines personnes déplorent toutefois le fait qu’elle n’ait pas la magie d’une vraie salle de cinéma. Les organisateurs du FIFM ont également introduit le système de billetterie en vigueur dans les grands festivals. En clair, plusieurs journalistes et invités, dûment badgés, ont été surpris par les pouvoirs limités de leur badge. Il ne permet pas automatiquement l’accès aux films, puisqu’il faut se munir au préalable de billets, retirés dans des locaux aménagés pour cette tâche. Le large public, non badgé, peut également retirer des billets. L’entrée aux salles est à cet égard gratuite. Et si des amoureux du 7ème art ont le courage d’affronter une longue file d’attente, ils peuvent regarder tous les longs et courts métrages au programme. Ils sont récompensés de leur patience par la qualité des films en compétition officielle. Ces spectateurs ne quittent pas la salle après la fin d’un film. Certains comédiens qui y ont joué apparaissent, pour de vrai, sur la scène. C’est ce qui s’appelle prolonger la magie du cinéma.

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