Dans «Leila…manifestement» : Mohammed Mesmoudi traite d’un florilège de questions sociales dans une peau féminine

Dans «Leila…manifestement» : Mohammed Mesmoudi traite d’un florilège de questions sociales dans une peau féminine

Nous avons besoin, adultes et enfants, de renouveler notre rapport à notre religion et de mettre toute sa beauté en partage entre nous, dans nos familles et dans les sphères les plus larges.

Si «Leila» est un  prénom souvent donné par les auteurs à leurs personnages pour exalter l’amour dans tous ses états. L’écrivain marocain, Mohammed Mesmoudi, lui, y a recours dans sa nouvelle œuvre pour exprimer la souffrance de son personnage féminin principal dont le frère tue l’amoureux après les avoir surpris ensemble. Sur ce supplice, l’auteur, qui se glisse dans la peau de cette femme, se veut clair.

Une tristesse «salvatrice»

La souffrance est «salvatrice. Elle génère une transformation et permet l’amour, justement !». Comme l’explicite M. Mesmoudi, l’héroïne du roman découvre à l’âge de trente ans des émotions qu’elle n’avait jamais soupçonnées, grâce à son vécu d’une part, et par la grâce qui la touche d’autre part. Elle découvre une forme d’amour transcendantale. Dans les faits de «Leila… manifestement», le personnage féminin principal, médecin, répand également ce sentiment amoureux à l’égard d’autres protagonistes de l’œuvre, notamment les réfugiés en Somalie où elle finit après avoir fui le supplice de son frère. Une contrée du monde où elle s’exprime librement sur d’autres sujets existentialistes. 

«Rupture avec la religiosité conformiste»

Au fil des événements, l’héroïne, fort attachée à son grand-père et issue d’une famille musulmane, ne manque pas de livrer des regards sur la religion. «Ses mésaventures ont un effet inattendu sur sa spiritualité, notamment parce que la situation exceptionnelle dans laquelle elle se retrouve représente une rupture avec la religiosité conformiste qui caractérise la plupart des situations sociales normales», précise l’écrivain. En effet, l’auteur dénonce, selon ses dires, le rituel conformiste sans renier l’importance des actes religieux. «Leila est une musulmane qui découvre sa religion. Nous avons besoin, adultes et enfants, de renouveler notre rapport à notre religion et de mettre toute sa beauté en partage entre nous, dans nos familles et dans les sphères les plus larges», enchaîne M. Mesmoudi qui rappelle davantage les raisons du choix de «Leila». «C’est un prénom dont je me sers pour revendiquer la quête de la présence et de la conscience précitées par le plus grand nombre d’individus pour en imprégner la société toute entière», détaille-t-il. Outre la religion, l’auteur aborde d’autres questions.

De… la masturbation et des désirs

Dans l’intrigue, l’auteur traite également de la masturbation, un sujet considéré sensible. «S’il y a un cadre dans lequel les tabous doivent être abolis c’est d’abord et surtout la famille», estime l’auteur. Selon ses dires, il ne fait que s’exposer en exemple du papa tourmenté. «Je fais part au lecteur de ma perplexité et des réponses que j’ai pu apporter aux questionnements de mes propres enfants.

Les discussions que j’ai reproduites dans le livre sont authentiques», exalte-t-il en rappelant que son roman est un témoignage dans ce sens. Cette publication, à compte d’auteur, est également l’occasion pour l’auteur qui traite d’autres sujets d’actualité, notamment le terrorisme en signifiant aux jeunes de ne pas suivre cette piste. Après «Leila … manifestement», l’auteur a un début de manuscrit d’un roman. «Un drame familial avec des personnages qui souffrent de troubles psychologiques lourds», souffle-t-il en indiquant être préoccupé plutôt par la crise des valeurs et de l’éducation. 

Une oeuvre familiale

M. Mesmoudi précise avoir écrit son livre pour ses enfants. Il indique par l’occasion tenir une page Facebook dans laquelle il publie régulièrement des réflexions avec l’espoir de recevoir des réactions et commentaires de la part de ses enfants. «Je suis convaincu que les enfants et les jeunes d’aujourd’hui ont besoin de trouver de l’écoute et de l’échange auprès de leurs parents», avance-t-il. L’auteur rappelle dans ce sens que nous vivons dans un monde ouvert dans lequel les systèmes de valeurs se chevauchent et se font concurrence. «Les enfants ont besoin de cohérence pour qu’ils puissent s’épanouir et évoluer de manière équilibrée et sécurisée.

La famille c’est le cadre principal dans lequel il faut prendre soin d’apporter des réponses appliquées aux questions et aux menaces qui découlent de la mondialisation et du numérique», souligne-t-il. L’auteur explique ses propos par la vision véhiculée, devant la Commission spéciale sur le modèle de développement, par le Professeur Ahmed Abbadi, secrétaire général de la Rabita Mohammadia, qui explique: «à quel point nous avons besoin aujourd’hui de familles fortes et de parents avisés». En effet, M. Abbadi préconise la formation des parents pour être en mesure d’éduquer correctement leurs enfants.

«Je revendique fortement la préservation et le renforcement de la cellule familiale», poursuit M. Mesmoudi.

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