La sélection de la semaine

La sélection de la semaine

De toutes les richesses de Stefano Benni
 

Martin, un professeur d’âge mûr, poète et misanthrope, s’est retiré en compagnie de son fidèle écuyer, son chien Ombra, dans un village de montagne. Un village dont la tranquillité trompeuse cache peut-être de lourds secrets… Or, voilà qu’en face de sa maison s’installe un jeune couple de citadins, la blonde Michelle et Aldo, son compagnon. Tel le personnage des Nuits blanches, notre professeur se reprend à rêver, à attendre, à désirer. Entre lui et la ravissante Michelle naît un sentiment qui n’ose dire son nom, à la fois reflet d’un grand amour de jeunesse et signe que la vie, encore et toujours, recèle d’innombrables richesses. Et c’est au coeur d’une fête villageoise que, défiant l’âge, les préjugés et les mauvaises langues, Martin entraîne Michelle, et nous avec lui, dans une valse inoubliable, jouée par un accordéoniste de génie. Mêlant avec virtuosité prose et poésie, rêve et réalité, légendes et satire contemporaine, humour et mélancolie, Stefano Benni propose un roman chatoyant et polyphonique, dans lequel l’automne d’une vie se pare de toutes les couleurs de la palette.

Editions Actes Sud. 220 DH

 

 

 

 

Orphelins de Dieu de Marc Biancarelli
 

Résolue à venger son frère, à qui quatre répugnantes crapules ont tranché la langue sans oublier de le défigurer, Vénérande, jeune paysanne au cœur aride, s’adjoint les services de L’Infernu, tueur à gages réputé pour sa sauvagerie, et s’embarque avec lui dans une traque sanguinaire à travers les montagnes corses du XIXème siècle. Au gré de leur chevauchée vers la tanière des Santa Lucia –la fratrie à abattre–, L’Infernu raconte à sa «disciple» son engagement, jadis, dans l’armée des insoumis, meute de mercenaires sans foi ni loi prompte à confondre patriotisme, geste guerrière et brigandage éhonté, semant terreur et chaos de vallées escarpées en villages désolés, de tavernes et bordels immondes en marécages infestés. L’abandon avec lequel L’Infernu se livre à Vénérande, au terme d’une existence passée à chercher en vain son humanité au-delà du chaos des armes, confère au sanglant baroud d’honneur de ce vaincu de l’Histoire les vertus d’une ultime et poignante transmission, qui culmine lors de l’assaut final.

Editions Actes Sud. 220 DH

 

 

 

Le règne du vivant d’Alice Ferney
 

Aiguillonné par la curiosité, et très vite porté par l’admiration, un journaliste norvégien s’embarque sur l’Arrowhead avec une poignée de militants s’opposant activement à la pêche illégale en zone protégée. À leur tête, Magnus Wallace, figure héroïque et charismatique qui lutte avec des moyens dérisoires –mais un redoutable sens de la communication– contre le pillage organisé des richesses de la mer et le massacre de la faune.
Retraçant les étapes de cette insurrection singulière, témoignant des discours et des valeurs qui la fondent, Alice Ferney s’empare d’un sujet aussi urgent qu’universel pour célébrer la beauté souveraine du monde marin et les vertus de l’engagement. Alors que l’homme étend sur les océans son emprise prédatrice, Le règne du vivant questionne le devenir de «cette Terre que nous empruntons à nos enfants» et rend hommage à la dissidence nécessaire, face au cynisme organisé.

Editions Actes Sud. 220 DH

 

 

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