Lahcen Bouguerne libère la voix des femmes

Lahcen Bouguerne libère la voix des femmes

Il donne un avant-goût de son prochain roman

«Confessions d’une femme qui sait lire». Ainsi s’intitule le nouveau roman de son écrivain marocain, Lahcen Bouguerne, qu’il publiera bientôt chez les éditions Le Manifeste. Une publication dont le titre se prête à plusieurs interprétations dont l’auteur donne un avant-goût. Comme il le précise, il s’agit de «confessions féminines» dont l’interprétation peut se faire «selon l’angle de l’analyse».

Un libre cours à la parole féminine

Dans ce sens, les confessions du sexe féminin sont, pour lui «multiples». «La femme, généralement parlant, a beaucoup de chose à dire (positions, opinions, décisions…), elle a besoin de s’exprimer et de parler d’elle-même et de ses problèmes surtout dans une société «où le sexe masculin veut tout contrôler, même la femme»», estime l’écrivain en citant un extrait de son œuvre.
Au-delà de la connotation avancée par M. Bouguerne, cette appellation de l’ouvrage est susceptible de laisser entendre que les femmes, qui savent lire, se confessent facilement.
Or ce n’est pas le cas de toutes les personnes de sexe féminin qui font le choix de ne pas se confier. Pour éluder ce contraste, il a recours à son personnage principal Farhana, une jeune fille qui aime lire.
Quand elle était à la campagne avec sa famille, elle a pu aller à l’école coranique malgré la sévérité du fqih et l’opposition des hommes du village qui étaient contre l’éducation des filles et qui disent que «quand la femme est intelligente et bien cultivée, elle ne porte que le malheur, elle devient l’avocate de Satan» (extrait du roman), puis elle a fréquenté la première année de l’école primaire.
Malheureusement, elle n’a pas pu poursuivre ses études «faute d’avoir un misérable cahier et une pauvre ardoise comme les autres élèves de mon âge» (extrait du roman). «La grande majorité des femmes qui savent lire n’ont pas le courage de parler et de s’exprimer comme Farhana. La plupart ont peur ou pensent avoir peur de parler d’elles-mêmes, de leurs désirs, de leurs pensées alors qu’en réalité, la femme est la plus forte et la plus intelligente», tranche l’auteur.

Lumière sur l’apport de la femme pour la société

Interrogé également à propos de son regard sur les critiques faites aux femmes savantes dans la société marocaine, il ressort encore une fois un passage de son roman. «La lecture est dangereuse car elle stimule les intelligences féminines, ce qui fait qu’une femme qui lit en sait plus qu’il ne faut». Comme il l’explicite, c’est ce que pensent quelques hommes de la femme. «D’ailleurs, on ne peut pas parler de société sans parler de la femme», enchaîne-t-il. Pour lui, le sexe féminin doit aller à l’école, faire des études, avoir la possibilité de lire, d’écrire et de s’exprimer librement pour développer son entourage et pour mettre la société sur la bonne voie. Cela étant, tout comme d’autres auteurs, M. Bouguerne a partagé des extraits de son prochain roman sur les réseaux sociaux. Une démarche dont la raison est, selon lui, «simple». Comme il l’indique, les extraits partagés sur les réseaux sociaux sont bien choisis. En général, ce sont des extraits qui exposent une problématique relative à la femme dans la société marocaine et aussi qui provoque les lecteurs surtout les hommes et même parfois les femmes.

De bons échos pour le livre sur Facebook

«J’ai reçu un bon nombre de messages des internautes qui sont touchés par les quelques extraits que j’ai partagés et je suis content car les confessions de Farhana sont aussi les confessions de toutes les femmes autour du monde», exalte-t-il. Quant à son choix d’éditer sa publication chez « Le Manifeste », une maison d’édition connue pour le livre électronique, il le justifie sans ambages.
«Je pense que publier un livre numérique ou électronique chez la maison d’édition «Le Manifeste», a plusieurs avantages. En premier lieu, on n’a plus besoin d’avoir une grande bibliothèque pour ranger tous nos livres. En deuxième lieu, la version numérique d’un livre est moins cher que la version papier. En troisième lieu, on peut lire un livre numérique quand on veut et où on veut. Enfin, le livre numérique est adaptable c’est-à-dire que le lecteur a la possibilité de choisir la taille des caractères», conclut-il.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *