Livre : La sélection de la semaine

Livre : La sélection de la semaine

«Les idées noires» de Justine Augier
 

Jean Verdier n’est pas sorti de l’enfance quand, à l’été 1942, un événement dramatique le précipite dans la Résistance. Promu héros presque malgré lui, il ne se débarrassera plus jamais d’un sentiment d’imposture. Mais y gagnera le grand amour. Au crépuscule de sa vie, Jean cohabite avec le passé et ses fantômes – séance permanente d’un film infiniment démonté/remonté, aux interruptions aléatoires, par le jeu des visites : sa fille, son petit-fils, sa femme, morte près de vingt ans auparavant… Et puis cette historienne qui, obstinément, le ramène aux lendemains de la guerre. Sur les trahisons, les faillites et les entêtements de la mémoire, sur les ambiguïtés intrinsèques à l’héroïsme et sur les menaces cycliques de l’histoire. «Les idées noires»  invente une musique obsédante, entre cri d’alarme et testament amoureux.

Editions Actes Sud. 180 DH.

 

«La cigale du huitième jour» de Mitsuyo Kakuta

Une jeune femme court dans les rues de Tokyo, un bébé dans les bras. Cette enfant n’est pas la sienne; sans préméditation, elle vient de la voler. Dès lors, la vie de Kiwako n’est plus qu’une longue cavale à travers l’Archipel. Paniquée à l’idée de se faire repérer, elle change toujours plus vite d’endroit et d’identité, emportant l’enfant dans l’instant, la déracinant chaque fois plus violemment. Et pourtant, tout demeure absolument doux entre la jeune femme et la petite. Étrangement, la complicité qui s’installe entre elles ne cesse de s’intensifier, la peur et l’insécurité n’entament pas ce bloc de tendresse, cette harmonie dans laquelle nul témoin ne peut déceler la moindre faille. D’une efficacité au suspens remarquable, ce livre a immédiatement été adapté au cinéma tant l’intrigue et la force de ses personnages semblaient faites pour l’image.

EditionsActes Sud. 180 DH.

 

«Débâcle» de Ricardo Menéndez Salmón

Sous l’apparence d’un thriller, et avec un implacable sens du suspense, Ricardo Menéndez Salmón fait monter l’angoisse jusqu’à l’insupportable en déclinant les formes les plus perverses et les plus dangereuses de la folie meurtrière des hommes dans le monde sans repères et sans limites qui est le leur. Une fable universelle et fulgurante, aux racines du mal. «Leurs voix étaient graves mais diaphanes, comme le murmure d’un ruisseau. Ils formaient un groupe qui se faisait appeler Les Arracheurs, se déclaraient responsables de l’introduction d’aiguilles dans les aliments et prévenaient que leurs sabotages seraient de plus en plus terribles. Leur objectif, disaient-ils, était vieux comme le monde, terroriser, et leur détermination ne faiblirait pas avant qu’ils aient institué un régime de panique constante. Ils ne réclamaient rien en échange. Ils se contentaient de la nudité des faits…».
 

Editions Actes Sud. 180 DH.

 

 

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *