Nouveau roman : Le viol comme trame de fond et de passion chez Salima Louafa

Nouveau roman : Le viol comme trame de fond et de passion chez Salima Louafa

Peut-on tomber amoureuse de son violeur ? Un sentiment étrange ! Pourtant, il est éprouvé par Maya, personnage principal du roman «Une forme de nuit» de son auteure marocaine Salima Louafa.

Une œuvre dont le viol sert de trame de fond et de fait déclencheur. Bien que cet acte odieux soit l’élément du roman qui a «valu le plus de critiques» à la jeune écrivaine comme elle le précise, il est accrocheur pour poursuivre la lecture.

La passion comme «punition»

Avant d’être violée, Maya tombe amoureuse d’Amir dès le premier regard. Le simple échange de coordonnées finit par une rencontre soldée par ce fait tragique qui démarre le roman. «C’est un point majeur de l’histoire parce qu’il est le point de départ du cheminement de Maya, la protagoniste», précise l’auteure. Ce personnage féminin principal finit par se passionner pour Amir, un être sadique. Un sentiment doublé de la souffrance de la protagoniste qui découvre également avoir avec sa mère le même père. «Maya porte en elle un secret très lourd et c’est justement cette rencontre, cet amour avec Amir qu’elle vivra comme une punition de la vie qui va l’aider à s’affranchir», explicite l’écrivaine. Cependant, c’est cette passion, dans cette intrigue susceptible d’être qualifiée de surréaliste, qui semble créer «Une forme de nuit» dans l’âme du personnage féminin.

Connotations de l’intitulé de l’œuvre

Comme l’indique Salima Louafa, «il y a des périodes de la vie qui ressemblent à des tunnels… La raison nous abandonne et l’on semble désormais incapables de se montrer rationnels ou même de se raccrocher à un quelconque instinct de survie. C’est ce qui arrive à Maya durant cette traversée obscure que j’ai choisi d’intituler ainsi». De surcroît, «Une forme de nuit» est, selon ses dires, un roman psychologique voire psychologiste qui explore les ressentis, les folies et les contradictions de ses personnages. «Qui a dit que l’humanité était simple à cerner?!», s’interroge-t-elle. Outre cet intitulé qui fait l’intérêt de l’œuvre, celle-ci est accrocheuse de par la confrontation entre les personnages.

L’univers romanesque de l’auteure

Tout comme dans son premier roman «Chairs d’argile», Salima Louafa confronte les personnages. Une démarche qui semble de prédilection pour elle. «J’aime la complexité des rapports humains, les interactions erratiques, les grands amours, les passions, les trahisons, la folie, le secret, les mensonges. C’est cela mon univers romanesque, ce qui me fascine et inspire les récits que je façonne et raconte», détaille-t-elle. Dans l’intrigue, Maya confronte Amir et sa femme, son amie Sonia, son passé et Mehdi qui l’aime en silence. Le seul personnage qu’elle ne confronte nullement étant Malik, fils d’Amir, un père violeur en série. «Malik est un enfant, c’est le fils d’Amir, il a dix ans. Il est la fierté de son père, la prunelle de ses yeux. Mais comme d’habitude, Amir ne parvient pas à se montrer à la hauteur des cadeaux que lui offre la vie. Malik n’a pas besoin de parler, il n’existe dans mon histoire que pour l’innocence de son enfance et l’amour infini qu’il suscite autour de lui…».

Retour à l’amour du temps de l’amitié

Après avoir subi des claques d’Amir, Maya renoue avec ses amis qui lui en disent les quatre vérités. C’est chez Mehdi, qui connaissait son passé, qu’elle trouve un bon refuge. A son tour, l’épouse du violeur finit par apprécier Maya. Quant à Amir, il subit un sort tragique que seule la lecture de l’œuvre permettrait d’en prendre connaissance. Ces lignes n’étant pas destinées à en gâcher le charme.

Interrogée, par l’occasion, sur un projet de livre en cette période de confinement, l’auteure indique : «Avant cette crise sanitaire terrible qui traverse notre pays ainsi que le monde entier, je travaillais sur mon troisième roman. Mais depuis le confinement et l’angoisse qui l’accompagne, j’avoue que je suis comme hébétée, totalement bouleversée par ce qui se joue devant nous. J’ai peur que la maladie s’étende et que les gens souffrent. Je suis plus dans l’attente que dans un processus de création. En attendant les beaux jours et le retour à la normale…», exalte-t-elle.

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