Culture

L’œuvre en lice pour les Oscars 2024: «La Mère de Tous les Mensonges» d’Asmae El Moudir débarque dans les salles

© D.R

Après avoir rencontré un franc succès au FIFM, à Cannes et à d’autres prestigieux festivals, la jeune réalisatrice Asmae El Moudir prépare la sortie de son premier film «La mère de tous les mensonges» au Maroc et en France.


Alors qu’il a remporté le Grand prix du dernier Festival international du film de Marrakech (FIFM), le film «La mère de tous les mensonges» d’Asmae El Moudir sort en salles obscures dès le 21 février. Il sera projeté en avant-première le 17 février à la cinémathèque de Tanger, le 18 février au cinéma Lutetia de Casablanca et le 19 février au cinéma Caméra de Meknès. Le film sera également projeté dans les salles françaises à partir du 28 février.

Primée à plusieurs reprises, comme lors du dernier festival de Cannes en avril 2023, cette œuvre occupe aujourd’hui une place de choix parmi les films étrangers en compétition pour la 96ème cérémonie des Oscars, prévue le 10 mars 2024 à Los Angeles, aux États-Unis. Pour rappel, le film puise son inspiration dans une histoire personnelle. Elle raconte en effet la vie de la jeune cinéaste Asmae, qui n’a aucune photo de son enfance. «La seule que sa mère a pu fournir est une vieille photographie abîmée par le temps, où l’on reconnaît à peine une petite fille en arrière-plan.

Mais Asmae sait que ce n’est pas elle et elle va jouer avec cet incident pour raconter d’autres histoires auxquelles elle ne croit pas non plus. Ce sujet sensible sera le point de départ d’une enquête qui dévoilera les confidences d’une famille casablancaise», sur fond d’événements politiques et historiques, à l’image des «émeutes du pain» de 1981. «En tant que jeune réalisatrice marocaine, je porte en moi de nombreuses questions sans réponse. Certaines sont personnelles, d’autres politiques et je veux les poser maintenant, à la fois en tant que réalisatrice et en tant que fille de mes parents, en interagissant avec les personnes les plus proches qui soient : ma famille.

À partir de ces relations familiales je crée un lieu commun pour le film, notre maison à Casablanca. Un lieu plein de complicité, d’amour, d’hostilités et d’objections», avait-elle indiqué à propos de son film. En menant l’enquête autour de ses histoires d’enfance, Asmae El Moudir interagit avec sa mère, son père et sa grand-mère. Cela lui permet d’interroger ses souvenirs, coincés entre fiction et réalité, entre vérité et mensonges. Et elle montre à quel point il est difficile de construire sa propre identité lorsqu’aucun des souvenirs que nous possédons n’est pas fiable.

Petit à petit, ce choix narratif lui donnera l’opportunité de questionner ses parents sur «les émeutes de la faim» de 1981 et la manière dont ils ont vécu ce chapitre sombre et méconnu de l’Histoire marocaine. «Mon objectif n’est pas tant de tenter de documenter la véritable histoire de cette période mais de réaliser un film sur la multiplicité des points de vue et la pluralité des interprétations qui coexistent, qu’il s’agisse d’histoire familiale ou nationale», avait-elle expliqué.

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