«Malika Agueznay, comme en 68» : Hommage à une pionnière

«Malika Agueznay, comme en 68» : Hommage à une pionnière

Une exposition qui met en lumière les recherches menées par l’artiste depuis qu’elle était étudiante

 

Pour la reconnaissance de son parcours artistique, la Loft Art Gallery consacre à partir du 10 décembre 2020 une exposition personnelle au travail de Malika Agueznay. Artiste pionnière à plus d’un titre, elle est la première femme à développer l’abstraction, elle a pris part à la modernité marocaine et contribué, aux côtés des ténors de l’École de Casablanca, à en définir les codes et les formes. L’exposition que présente la galerie propose ainsi un retour sur ses premières années, alors qu’elle était étudiante à l’école des beaux-arts et qu’elle découvrait le motif algué qui l’inspire encore aujourd’hui. «À travers l’usage du bas-relief comme support, l’exposition mettra en lumière les recherches menées par l’artiste depuis 1968 sur cette forme générique qui a nourri son œuvre depuis ses débuts.

Cette forme, que l’on ose nommer algue et dont chaque œuvre représente un fragment d’un ensemble plus complet qui témoigne d’un système pictural choisi et assumé par l’artiste», expliquent à ce sujet les fondateurs de la galerie. Fidèle à son unique signe fétiche, elle découvre l’algue alors qu’elle était encore étudiante aux beaux-arts de Casablanca. Elle l’utilise dans l’ensemble de ses supports : la toile, le bois, la gravure et la sculpture. Ses toiles montrent, en effet, une multitude de formes des algues, une fois tentaculaires, parfois embryonnaires, vertigineuses, mystérieuses, ou encore sacrées, toutes avec leurs mouvements et leurs chromatiques.

«J’étais très attirée par les formes rondes, par les courbes, beaucoup plus que par les formes géométriques comme les traits ou les lignes droites, c’est peut-être mon côté féminin qui s’exprimait. C’est comme ça que l’algue est apparue. La nature, les végétaux ont eu aussi un très fort impact sur ma personnalité, c’était mon enfance… Je vivais à Marrakech mais j’allais très souvent à la campagne et la végétation était pour moi un grand émerveillement par ses formes et ses couleurs», dit-elle.
Il faut dire que l’artiste a exercé son art dès son début auprès des plus grands que ce soit en prenant part au mouvement artistique des années 60 ou en débutant en 1978 la gravure à New York, à Paris et au Moussem d’Asilah. Comme le souligne son ami, l’anthropologue Berth Fllint, Malika Agueznay est sans doute l’artiste marocaine de sa génération qui a poussé le plus loin les recherches dans ce domaine. Pour approfondir sa technique, l’artiste n’hésite pas à partir à New York, dans les ateliers de graveurs de renom comme Mohamed Omar Khalil, Krishna Ready et Robert Blackburn. Elle complétera cet apprentissage à Paris à l’Atelier 17.

Depuis, fidèle à l’enseignement de l’École de Casablanca, l’artiste revient chaque année à Asilah pour animer l’atelier de gravure à l’occasion du Moussem d’art.

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