Matrix 4 : retour réussi voire résurrection(s)

Matrix 4 : retour réussi voire résurrection(s)

Du Parrain à la Planète des singes en passant par le Seigneur des Anneaux et même Batman, les trilogies célèbres ne manquent pas au cinéma.

Matrix était l’une d’elle et sortir de cette trinité est un pari risqué. Il y a dix-huit ans, en 2003, la trilogie Matrix s’achevait sur la digestion du personnage principal, Neo, par la matrice, laissant croire à la mort de ce dernier après un long combat mythique contre son double terrifiant : l’agent Smith. Fin christique pour un héros humain qui se sacrifiait aux mondes des machines, obsédées par l’énergie délivrée par des corps humains, réifiés aux rang de dociles piles. Lana Wachowski, seule à la réalisation, cette fois-ci sans sa soeur Lilly, a décidé de remettre le compteur en marche, suscitant l’espoir voire l’espérance chez les fans et autres adorateurs de Neo. Alors, la résurrection est-elle à la hauteur ?

Suivez à nouveau le lapin blanc

Au commencement, le scénario semble rigoureusement identique au premier opus: Thomas Anderson, un geek concepteur de jeux est perdu dans une routine qui l’assomme. Il peine à sortir la tête de l’eau, épaulé par son psychanalyste (Neil Patrick Harris), qui s’avère aussi torturé que son patient. Survient alors le fameux lapin blanc (celui d’Alice) qui propose, à nouveau, à Neo, un chemin de vie alternatif. Seulement, avec Morpheus (Yahya Abdul-Mateen II ), il faut faire un choix cornélien : la pilule bleue ou la pilule rouge. Le quotidien douillet ou l’aventure risquée? La tristitude ou l’altitude? La souffrance ou la délivrance? La dialectique fonctionne bien et Lana Wachowski nous offre non seulement un regard critique sur l’ancienne trilogie mais aussi sur l’entertainment hollywoodien, cette industrie cinématographique qui exploite les suites, juste pour le fric. Déjà-vu le chat noir du psy, fait sourire par son nom.

Un enchainement de cascades et de combats

Au delà cette critique du cinéma, cet épisode est un bon film d’aventure. Pour la séquence du grand saut, les acteurs et les cascadeurs se sont entraînés pendant un mois plusieurs jours par semaine. L’équipe technique a construit la réplique exacte de la plate-forme et l’a installée en haut d’un conteneur de trois mètres. Le chef-cascadeur Scott Rogers se rappelle: «Quand les acteurs ont été suffisamment à l’aise, on a élevé la plate-forme». Le rendu est bluffant. Les scènes de combats elles-aussi ne manquent pas et plairont aux petits comme aux grands. Ceux qui avaient été émerveillés par la technique du bullet time dans la trilogie ne seront pas déçus. En 2021, Neo évite toujours les balles, en se tordant en arrière, à une vitesse astronomique. Cette prouesse technique, née dans les précédents opus, est le fruit de la collaboration entre 120 appareils photo, synchronisés autour d’un fond vert. Si la technique est déjà vue, elle n’en reste pas moins spectaculaire et ne pourra que plaire.

Amour toujours

Trinity (Carrie-Anne Moss) apparait soudain, dans un café feutré, presque banal, et le brouillard mémoriel de Neo se dissipe, peu à peu, avec elle. Cet amour incommensurable, qui était une des clefs de la trilogie, fonctionne à nouveau et le spectateur se plait à croire en cet amour impossible. Dans ce quatrième opus, Trinity est devenue une mère de famille, douce et rangée, au point de se nommer Tiffany. Ni frivole et ni excentrique, la quinqua partage avec Holly (l’héroïne de Truman Capote) l’envie de briser la routine pour s’embarquer vers une autre destinée. Objectif universel dans une société de plus en plus engluée dans le métroboulot- dodo (ou dans sa version covidienne : télétravail- uber ripailledormaille). Au final, si les héros ont vieilli, la magie et les doutes existentiels opèrent toujours dans cette nouvelle version de Matrix. Souhaitons que la créativité se renouvelle pour une nouvelle trilogie, sans, forcément, arriver à une dodécalogie, comme dans Star Wars.

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