Mounir Fatmi explore la révolution industrielle à Stockholm

Mounir Fatmi explore la révolution  industrielle à Stockholm

Il présente son installation vidéo «Les temps modernes, une histoire de la machine»

Mounir Fatmi présente la rapidité de l’industrialisation et la croissance des villes qui se reflètent aujourd’hui dans le développement rapide et l’urbanisation au Moyen-Orient.

L’artiste marocain pluridisciplinaire Mounir Fatmi dévoile jusqu’au 31 décembre 2019 son œuvre vidéo intitulée «Les temps modernes, une histoire de la machine» à la station de métro Skanstull de Stockholm. Il s’agit d’une œuvre dans laquelle l’artiste mêle de la calligraphie arabe et des images empruntées à l’art contemporain. «Au milieu de la pièce, un ensemble sculptural forme une pièce maîtresse à la fois délicate et menaçante.

Une série de scies à ruban circulaires portant la calligraphie arabe sont suspendues, rappelant un système de rouages ou un mécanisme à engrenages. Les images projetées sur le mur autour de la sculpture montrent une construction architecturale au Moyen-Orient, créant un environnement cinématographique intense», indique le curateur Nilo Amlashi dans une note d’information. Il faut dire que le titre de l’œuvre est inspiré de celui de Charlie Chaplin.

Un célèbre film de 1936 dans lequel Chaplin incarne un humble ouvrier sur une chaîne de production en usine. La modernité des machines de l’usine se caractérise visuellement par une série de rouages vrombissants. Des scènes comiques montrent que Chaplin est consommé par la machine, mais ces images suggèrent un côté plus sombre, celui de l’aliénation de l’homme dans une société industrialisée moderne. Ainsi l’ouvrier est englouti par la machine avec laquelle il ne peut plus suivre. Dans ce sens, l’œuvre de Mounir s’engage avec cette modernité qui a débuté au 19ème siècle en Occident. Il présente en effet la rapidité de l’industrialisation et la croissance des villes qui se reflètent aujourd’hui dans le développement rapide et l’urbanisation au Moyen-Orient.

«Les villes sortent du désert et les bâtiments sont construits si rapidement qu’il ne reste plus de temps pour réfléchir aux changements. Ce lien mental entre l’industrialisation occidentale et le développement récent de l’Est se manifeste dans les différents éléments de l’installation», explique-t-il. En effet, la vitesse et le mouvement jouent tous les deux un rôle important dans les «Temps modernes». D’ailleurs, l’effet vertigineux de cette installation s’appuie également sur l’héritage de Marcel Duchamp et de ses «Rotoreliefs». «Les illusions d’optique circulaire en rotation de Duchamp ont été parmi les premières manifestations de l’art cinétique, produites dans le contexte d’une société industrielle moderne. Presque un siècle plus tard, les «Temps modernes» poursuivent leur exploration du mouvement dans le monde moderne, avec la complexité supplémentaire d’une dimension mondiale et le dialogue entre l’Est et l’Ouest», ajoute-t-il. Ceci étant, «Les temps modernes, une histoire de la machine» de Mounir Fatmi est une interaction entre les trois éléments de la calligraphie arabe, de l’art contemporain et du langage écrit. Il met à l’épreuve la capacité du spectateur à associer des symboles.

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