Culture

Moussem d’Assilah : Paul Dakeyo obtient le Prix Tchicaya U Tam’si de la poésie africaine

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Connu pour ses œuvres engagées sur les questions relatives à la libération, la justice et la démocratie en Afrique

Créé il y a plus de 32 ans pour mettre à l’honneur la création africaine, le Prix Tchicaya U Tam’si sera décerné au poète camerounais Paul Dakeyo à Assilah. Le lauréat de ce prix dans sa onzième édition – qui s’inscrit dans le cadre du quarante-troisième Moussem culturel international d’Assilah qui se déroule du 16 octobre au 5 novembre, a été choisi grâce à sa longue expérience comme l’un des symboles poétiques africains et ses positions sur les questions relatives à la libération, la justice et la démocratie dans les pays africains. Présidé par le poète sénégalais Amadou Lamine Sall, lauréat du Prix Chicaya U Tam’si-2018, les membres du jury se sont réunis «pour délibérer à nouveau sur les expériences les plus importantes et les symboles poétiques africains méritant ce prix. Ainsi, après examen de candidatures de poètes issus de diverses nationalités et s’exprimant dans différentes langues, et suite à une longue discussion critique, le jury a décidé, à la majorité des voix, de décerner le douzième Prix Tchicaya U Tam’si de la poésie africaine au grand poète camerounais Paul Dakeyo», selon un communiqué de la Fondation du Forum d’Assilah, initiatrice du Moussem.
Né en 1948 et élevé à Bafoussam, au Cameroun, Paul Dakeyo a réussi à se faire connaître et s’imposer à partir de ses premiers recueils de poésie publiés en 1973. Paul Dakeyo continue d’impressionner et d’inspirer grâce à ses œuvres s’étalant des années soixante-dix du siècle dernier à la deuxième décennie de ce siècle. Parmi lesquelles il y a lieu de citer «Les barbelés du matin» (Paris, 1973), «Un cri au pluriel» (Paris ,1976), «Chant d’accusation» (Paris, 1976), «Les ombres de la nuit» (Paris, 1994), «Moroni, cet exil» (Yaoundé, 2002), et «Les Voix de l’absence», publié en collaboration avec Evelyn Vincent, (Paris, 2019). «Sa haute valeur poétique, de par son sens humain, et la défense des rêves nourris par les opprimés à travers le monde, ont constitué un signe lumineux dans l’expérience poétique africaine, aussi ce couronnement apporte sans doute une certaine paix et sérénité à l’âme de Tchicaya U Tam’si dans son sommeil éternel, compte tenu de la grande estime que ce poète avait pour lui tout au long de sa vie», a-t-on conclu.
Créé tout juste après la mort de Tchicaya U Tam’si, ce prix a été décerné tous les deux ans avant un arrêt dû à la crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19. Il a ainsi été créé en hommage au défunt écrivain et poète congolais. Grand habitué de son vivant au Moussem d’Assilah, Tchicaya U Tam’si s’est distingué par ses œuvres littéraires et poétiques retraçant une partie de l’histoire de l’Afrique. En plus de ce prix, le nom de ce défunt écrivain et poète est donné à l’un des jardins en hommage à son grand amour pour la ville et pour ses écrits engagés.