Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain : Hommage à Eugène Delacroix

Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain : Hommage à Eugène Delacroix

Il accueille une exposition célébrant le voyage de ce grand artiste au Maroc en 1832

Après avoir exposé de nombreuses expositions consacrées aux grands artistes peintres à l’instar de Giacometti, Picasso, Braque ou Matisse, le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain de Rabat célèbre cette fois-ci Eugène Delacroix. Il s’agit d’une exposition inédite présentée pour la première fois dans le monde arabe et en Afrique et conçue spécialement pour le Maroc, pays où l’artiste a séjourné pendant six mois en 1832 et qui a inspiré son œuvre pendant toute sa vie. «C’est une exposition que j’avais imaginée personnellement avant de partager avec les autres. Elle permet de découvrir la relation affective qu’entretenait Delacroix avec le Maroc. Il a été l’un des premiers ambassadeurs de la lumière et des couleurs marocaines et le premier à transmettre sa fascination pour la richesse et la variété du patrimoine marocain.

Je suis très heureux de pouvoir avec l’aide de l’équipe monter cette exposition qui devait être organisée il y a 2 ans», confie Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées du Maroc, lors de l’inauguration de cette exposition initiée en collaboration avec le Musée National Eugène Delacroix (établissement public du musée du Louvre). Il faut dire que «Delacroix, souvenirs d’un voyage au Maroc» est une exposition célébrant ce voyage qui marque la carrière du grand peintre romantique. Elle montre en effet toute la place que le Maroc occupe dans son œuvre, en s’appuyant sur une notion qui lui était chère : le souvenir. «Notre idée est de faire dialoguer les souvenirs Delacroix avec les œuvres qu’il a pu faire sur son voyage au Maroc qui a duré 6 mois. Lors de son périple, il a pu faire beaucoup de croquis, de dessins et va aussi acheter des objets qu’il va garder dans des coffres. En fait, les tableaux exposés ici n’ont pas été peints au Maroc mais ont été réalisés pendant sa carrière dans son atelier à Paris», explique Claire Bessède, directrice du Musée National Eugène Delacroix.

Ainsi le parcours de cette exposition, prévue jusqu’au 9 octobre 2021, donne à voir quatre parties essentielles : «Eugène Delacroix avant le voyage au Maroc», «Le voyage d’un peintre», «Les objets marocains, des souvenirs de voyage ?» et «Le Maroc, source d’inspiration de toute une carrière». En effet, la première raconte Eugène Delacroix (1798-1863). Un jeune artiste qui a, en quelques années, conquis une certaine notoriété grâce à des tableaux audacieux qui ont parfois fait scandale comme La Mort de Sardanapale (1827, Paris, musée du Louvre) ou La Liberté guidant le peuple (1830, Paris, musée du Louvre)… Beaucoup le considèrent comme le chef de file du romantisme. Alors qu’Eugène Delacroix n’a quitté la France qu’une seule fois, pour se rendre quelques mois en Angleterre en 1825, le voyage au Maroc a sans nul doute été celui de sa vie. «Comme beaucoup d’artistes de sa génération, il a longtemps rêvé d’un Orient aux contours géographiques mal définis. Poèmes de Byron, objets et textiles ramenés de voyage par ses amis, tableaux et gravures représentant des costumes orientaux ou des odalisques… nourrissent son imagination. Ainsi, l’étude de babouches comme la lithographie du Lion de l’Atlas ont été réalisées à Paris bien avant qu’il n’envisage un voyage».

La deuxième présente Delacroix durant la période (entre janvier et juin 1832) pendant laquelle l’artiste accompagne l’ambassade diplomatique du comte de Mornay auprès du sultan Moulay Abd er-Rahman. «Il a été invité très tardivement et son rôle n’est pas de peindre un pays mais de tenir compagnie au comte de Mornay. Même s’il ne s’agit pas d’un projet mûrement préparé, il saisit l’occasion d’aller dans un Orient qu’il peint déjà. Il écrit dans un de ses carnets : «Je croyais rêver. J’avais tant de fois désiré voir l’Orient que je les regardais de tous mes yeux et croyant à peine ce que je voyais». (Tanger, 24 janvier 1832). Il voit Tanger, où il arrive en passant par Algésiras en Espagne, et Meknès puis repart par Tanger, remonte en Andalousie à Cadix et à Séville, retraverse la Méditerranée pour accoster en Algérie, à Oran et à Alger, avant de revenir en France par Toulon».

Quant à la troisième, elle présente une collection de vêtements et des objets assez divers. Elle comprend des instruments de musique, armes, poire et corne à poudre, sacoches en cuir, gargouilles et plats en céramique, vêtements masculins brodés… «Ces objets ont suivi Delacroix d’atelier en atelier jusqu’à sa mort en 1863. Il ne les utilise pas comme décor pour les murs de son atelier mais les conserve dans des coffres peints également ramenés du Maroc. Pour le peintre, ils constituent à la fois des souvenirs de voyage et des sources d’inspiration même s’il ne les reproduit que très rarement tels quels dans ses tableaux. Ils sont sans doute pour lui un moyen de se remémorer son voyage, les formes et les couleurs qu’il a vues», indique-t-on. Enfin, la dernière donne à découvrir des tableaux inspirés du Maroc en s’appuyant sur son mémoire. «Des Exercices militaires des Marocains de 1832, à Camp arabe de nuit qu’il réalise l’année de sa mort en 1863, Eugène Delacroix va continuer à peindre des tableaux inspirés par le Maroc dans son atelier parisien. Il peut s’appuyer sur sa mémoire mais aussi sur ses souvenirs que sont les nôtres, les dessins et les objets».

 

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