Naïma Ilyass : «Nous travaillons durement avec ce malheureux coronavirus»

Naïma Ilyass : «Nous travaillons durement avec ce malheureux coronavirus»

Entretien avec Naïma Ilyass, actrice marocaine

Dans cet entretien, l’éminente actrice, Naïma Ilyass, s’exprime sur la situation difficile des artistes en temps de corona. Elle dévoile par l’occasion ses nouveautés et révèle sa démarche artistique. Elle donne également son avis sur le soutien octroyé récemment aux artistes.

ALM : Vous êtes une artiste fort appréciée par le public qui aimerait indéniablement avoir idée de vos nouveautés. Pourriez-vous nous en parler?

Naïma Ilyass : A vrai dire, nous travaillons durement avec ce malheureux coronavirus et le confinement qu’il a imposé. Quand bien même, j’ai tourné dans le téléfilm «Attahaddi» (Le défi) avec la réalisatrice Fatima El Jabiâ et le producteur Mustapha El Khyat. Je viens aussi de terminer le tournage du téléfilm «Zouaj El Haj Ettayeb» (Le mariage d’El Haj Ettayeb) réalisé par Abdellilah Eljaouhary. J’y ai participé aux côtés de Mohamed El Jem, Abdessamad Meftah El Khir, Manal Seddiki et beaucoup d’acteurs célèbres.

Il vous arrive tantôt de faire des apparitions, tantôt de vous éclipser. Pourquoi ?

C’est parce que je choisis un peu les projets. Pour l’heure, j’ai une carrière de 50 ans, donc je choisis ce qui me convient et ce n’est pas facile.

Tout comme d’autres artistes chevronnés, vous êtes passée par les planches. Comment le théâtre a-t-il évolué selon vous ?

Avant, ce n’était pas soutenu et c’est le public qui nous encourageait. De même, les salles étaient bondées et le théâtre avait beaucoup de succès. Actuellement, le public a changé avec la mondialisation, les chaînes étrangères et Internet. Il y a aussi le problème de sécurité parce que les gens ont peur de sortir la nuit. C’est malheureux tout ça. Maintenant avec la Covid-19, les choses sont devenues plus difficiles. Tout est arrêté.

Et où en êtes-vous dans vos projets en théâtre ?

J’avais une tournée avec la pièce de théâtre «Al3awda » (Le retour) avec Fatima El Jabiâ, Amal Temmar, Abdelkhalek Fahid, Zhor El Alami et moi-même. Nous devions nous rendre en Belgique, France, Espagne, mais avec le confinement, tout a été arrêté. Donc nous attendons que la situation se débloque.

Qu’en est-il de vos apparitions sur les grands écrans ? On vous voit rarement dans des œuvres cinématographiques…

Pour répondre à votre question, je vais vous donner l’exemple d’un projet qui m’a été récemment soumis par un réalisateur à Bruxelles. Cependant, le scénario ne m’a pas plu parce que le sujet traitait du problème de la migration avec une image que je n’ai pas aimée.

Nous vous avons récemment sollicitée pour un témoignage à propos d’un artiste décédé et vous avez parlé d’oubli. Comment faire en sorte que nos stars ne soient pas oubliées ?

Il ne faut pas être ingrat. Il faut prendre soin des artistes et les appeler pour leur faire plaisir. Il ne faut pas les ignorer. Et c’est malheureux. Nous allons aussi vieillir et être dans la même situation. Ce sont comme des parents. Ils ont une grande expérience dont nous allons tirer profit. Il y a aussi un public qui les connaît et les aime.

Et si l’on parlait un peu des jeunes talents ? Que pensez-vous des artistes de la nouvelle scène ?

Il y a des artistes qui sont bons et présentent bien. Ils ont eu la grande chance de trouver un institut où étudier contrairement à nous qui avons appris tous seuls et de manière autonome.

Parlons un peu de l’actualité. Récemment, le soutien a suscité un tollé chez les artistes. Qu’en pensez-vous ?

Pour ma part, si je ne travaille pas, je ne peux pas vivre, je n’ai pas de source de revenus. Cela fait environ 8 mois que nous n’avons pas travaillé. Pour répondre à votre question, je vais remonter à la création du syndicat des artistes en 1970. J’en étais membre. Puis il y a eu Hassan Nafali, Mohamed Derhem, Naïma Lemcherki et Salah Eddine Benmoussa, Feu Mohamed Essaâri et beaucoup d’autres artistes qui en ont été les piliers. Nous avons milité pour qu’il y ait un soutien, une carte d’artiste, une couverture médicale. Chose qui a été faite et au moins nous avons gagné quelque chose.

Mais dernièrement, il y a eu un soutien que nous pensions «exceptionnel» même si ce n’est pas grand-chose. Nous nous sommes dit que c’était bien pour un début puisque la pièce de théâtre est subventionnée de 140.000 DH à 160.000 DH pour les fins du décor, transport et des spectacles. Mais le soutien débloqué par le ministre, Othmane El Ferdaous, n’est pas «exceptionnel» puisqu’en temps de Corona, des artistes n’ont pas travaillé. Donc il fallait chercher ceux qui n’ont pas de revenu.

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