Neila Tazi : «La création du festival a marqué le début d’une renaissance pour la ville d’Essaouira»

Neila Tazi : «La création du festival a marqué le début d’une renaissance pour la ville d’Essaouira»
ALM : Quels sont les temps forts de la 15ème édition du Festival Gnaoua et  des musiques du Monde d’Essaouira?
Neila Tazi : Le festival démarre le 21 juin, date qui marque à la fois l’arrivée de l’été et la célèbre Fête de la musique. Les organisateurs de la Fête de la musique nous ont sollicités pour intégrer le réseau des 430 villes dans le monde qui prendront part à cette manifestation, ce qui est une réelle reconnaissance pour le festival et pour Gnaoua. Une des nouveautés de cette année est l’organisation d’un forum de débats intitulé «Sociétés en mouvement, cultures en liberté» qui réunira des intervenants nationaux et internationaux. Côté musique, nous promettons, comme chaque année, un programme riche et original, des fusions inédites comme le festival sait si bien les orchestrer, l’avant-garde du jazz et la diversité des musiques du monde. Il est important de préciser que notre festival s’efforce d’innover chaque année. Nous travaillons avec la volonté de faire mieux tout en œuvrant à préserver l’esprit de ce festival et de cette culture authentique. Côté patrimoine, l’an dernier nous avons œuvré pour la réhabilitation du bastion de Bab Marrakech, cette année nous éditons une anthologie des Gnaoua dirigée par le musicologue Ahmed Aydoun. Côté innovation, le 18 juin paraîtra un coffret comprenant une compilation musicale Best of de 14 années et un documentaire sur l’histoire du festival. Ce coffret paraîtra dans les Fnac en France et au Maroc.

Y a-t-il un message à transmettre à travers la programmation du forum placé sous le thème «Société en mouvement, cultures en liberté»?
Le forum est un espace de dialogue qui accueillera divers intervenants du Maroc et d’ailleurs pour penser et échanger, entre autres, sur le rôle de la culture dans un projet de société. Nous voulons partager des expériences et des points de vue avec des acteurs marocains et internationaux et clairement dire que la culture est un véritable levier de développement fondamental dans toute politique à l’échelle nationale et locale.

Quel bilan faites-vous après l’organisation de quatorze ans de ce festival?
Cet événement est devenu au fil du temps un rendez-vous culturel connu et reconnu par tous. Certains le qualifient même de patrimoine national. Il est vrai qu’on y vient des quatre coins du monde et que chaque année le festival Gnaoua parvient à nous transporter, à nous faire franchir un seuil. Chaque année, toute une ville se trouve mue par un élan qui écarte tous les obstacles par l’alchimie d’une force créative et populaire. Aujourd’hui, quand on parle du festival on parle d’Essaouira et vice-versa. Nous continuons à porter ce festival avec détermination et avec encore plus de passion et de conviction qu’au premier jour.

Dans quelle mesure ce festival a-t-il contribué à la renaissance d’Essaouira?
 La création du festival a marqué le début d’une renaissance pour la ville d’Essaouira. Ce festival est tombé à point nommé et a permis de soutenir une stratégie qui avait été initiée à l’époque par l’Association pour la sauvegarde, la promotion et le développement d’Essaouira pour relancer la ville. C’est une cité désormais célèbre et reconnue comme étant une destination touristique phare du Maroc et dont l’image et le nom sont intimement liés à ceux des Gnaoua et de leur festival. L’impact médiatique du festival chaque année est inestimable, aucune campagne médiatique ne pourrait promouvoir Essaouira comme le fait le festival, car au-delà de l’image le message est fort. La ville s’est fortement développée sur le plan économique à travers l’ouverture d’hôtels, de maisons d’hôtes, de restaurants, de commerces, de sociétés de services… Les responsables de la ville ont mis en route des projets structurants tels que la double voie, la rénovation du réseau d’assainissement, l’élargissement de l’aéroport… mais c’est une ville où il reste encore beaucoup à faire. Le festival est aussi l’occasion de le rappeler chaque année, Essaouira est une ville qui mérite plus d’attention, elle a été et doit continuer à être un véritable modèle de développement.

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