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Nouveau roman d’Abderrahim Kamal: Quand des personnages manipulent leurs propres peaux

Nouveau roman d’Abderrahim Kamal: Quand des personnages manipulent leurs propres peaux

Le nouveau roman «Peaux et ocres», publié chez les éditions Marsam par son auteur marocain Abderrahim Kamal, a la particularité de brosser le portrait de plusieurs personnages à la fois.

Certains gagnent même en sympathie du lecteur au moment où d’autres sont susceptibles d’étonner. C’est le cas du personnage «Zahra» qui se met à manipuler la peau de son père incarcéré pendant des années avant de revenir à elle et sa mère dans un état lamentable. Un fait qui abonde dans le sens de l’intitulé de l’œuvre qui aborde entre autres les événements de l’incarcération à Tazmamart. «Zahra, comme tous mes personnages d’ailleurs, est un personnage inspiré de la réalité. Bien entendu le travail d’écriture est un travail complexe de composition. Les soins qu’elle fait à son père visent à soigner le corps abîmé de son père et le sien propre», détaille le romancier. De plus, ce personnage demeure fort imprégné de mélancolie tout au long de l’intrigue malgré quelques bons moments. Dans ce sens, l’auteur précise : «L’état de tristesse mêlé systématiquement d’amertume, de désespoir et d’impuissance est un état qui touche une grande partie des personnages porteurs d’une conscience vive ; tous portent une blessure : certains font payer aux autres leur blessure ; d’autres en font quelque chose».

A cet égard, il donne l’exemple de Zahra et le personnage «Gharbany» qui font de cette tristesse une œuvre d’art. D’où l’ajout du mot «ocres» au titre de l’œuvre. Il s’agit aussi de «Zakia» qui devient un génie de la manipulation, etc. «C’est justement dans le corps que ces blessures s’inscrivent ou s’écrivent. Zahra n’arrive pas à consommer son mariage et donc à s’ouvrir à son amoureux parce que son corps est verrouillé par le drame de son père et donc le sien propre. L’amour est aussi chose politique», ajoute l’écrivain.

En outre, d’autres personnages attirent l’attention au fil de la lecture. C’est le cas de Bahaa dont le corps est tabassé par un homme richissime juste pour avoir reproduit son mode de vie. Certains souffrent même à cause de l’ego démesuré de celui-ci. «Tous ses personnages sont travaillés par une blessure, un drame qui les dépasse même dans le temps et qui trouve ses racines dans la petite histoire mais surtout dans la grande Histoire (l’histoire politique et sociale du Maroc)», poursuit M. Kamal qui a également des projets. Comme il l’annonce, il vient de terminer le troisième volume de la trilogie et qui s’intitule Naufrages dans le désert. «Je rappelle que le premier volume de la trilogie s’intitule «Tkoulia, l’attente», paru en 2020 chez Sagacita. En ce moment, je travaille sur un roman qui s’intitule «Le cri»», conclut-il.

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