Nouvelle publication: Le départ des juifs marocains vers l’Amérique latine documenté par Zakaria Balga

Nouvelle publication: Le départ des juifs marocains vers l’Amérique latine documenté par Zakaria Balga

Une première au Maroc. La communauté juive marocaine vient de se voir dédier, par l’auteur Zakaria Balga une étude intitulée «De Tétouan à Buenos Aires, Epopée de l’histoire de l’immigration juive marocaine en Amérique latine». Une œuvre hispanophone qui se veut, comme le précise son auteur marocain, «un travail pédagogique destiné au large public pour faire connaître la manière dont la communauté juive marocaine est partie pour l’Amérique latine».

Aux origines de la communauté juive marocaine

Afin de percer les secrets de cette immigration, l’écrivain, également diplomate en poste à La Havane (Cuba), relate la présence juive au Maroc qui remonte à la création du Royaume depuis 2000 ans et la chute du temple juif en Palestine. «Ces juifs sont peut-être arrivés avec les Phéniciens. En redécouvrant cette partie de l’histoire, on découvre l’identité du Maroc, qui est un pays multidimensionnel, sa richesse et son ouverture sur le monde, l’Europe, l’Andalousie et l’Afrique», détaille-t-il. Et ce n’est pas tout. Pour lui, cette immigration juive marocaine montre également que «le Maroc a des liens très anciens avec les pays d’Amérique latine et la culture moresque». Un atout à travailler et exploiter au sens de l’auteur qui indique que cette culture est assez présente dans la communauté juive et que le Royaume est ouvert même sur une région de l’Amérique du Sud où il y a également une communauté marocaine juive. Par l’occasion, le diplomate ne manque pas de s’exprimer sur le travail sur la mémoire à travers la réhabilitation de synagogues au Maroc. «C’est le seul pays où il y a un musée juif. C’est une fierté», exalte-t-il.

Apprentissages pour les juifs latino-américains

Mieux encore, l’auteur n’hésite pas à révéler la méconnaissance de l’histoire de l’immigration marocaine juive dans des pays d’Amérique latine comme en Argentine. «Je connais des juifs argentins qui ne connaissent pas cette immigration marocaine. De plus, la communauté juive marocaine au Venezuela, par exemple, est différente des autres», illustre-t-il.
A propos de ses sources d’informations, M. Balga indique avoir travaillé beaucoup sur des documents en Argentine voire au Brésil, ainsi que des thèses doctorales en Israël et sur l’histoire de la communauté séfarade outre des articles de presse. «J’ai également fait des recherches en français, espagnol, anglais et portugais. J’ai été aidé par des amis qui comprennent cette dernière langue. Comme j’ai eu accès à des bibliothèques virtuelles en Israël. En général, il y a peu de sources», commente-t-il dans ce sens.

Une étude pour la pérennité de la communauté juive marocaine

«Cependant, il y a un risque. Les gens de cette communauté sont en voie de disparition», suscite l’auteur qui révèle que ce cette raison l’a incité à écrire ce livre avec beaucoup de discipline et travail.
Pour rappel, l’œuvre de M. Balga a été présentée au Salon de l’édition et du livre de Casablanca en février 2020. «J’ai reçu d’autres invitations comme celle adressée par la Faculté des Lettres de Kénitra, mais il n’a pas été possible d’y répondre pour cause de corona. Par contre, je pense le présenter dans d’autres pays d’Amérique latine aussi dès que l’occasion se présente. Par exemple, dans le cadre d’un partenariat avec le CCME, je peux organiser en Amérique latine des rencontres où des Argentins et Brésiliens peuvent témoigner», tempère-t-il. Quant à la traduction du livre vers d’autres langues, l’écrivain précise qu’il y a un intérêt et des propositions pour l’arabe. L’objectif étant, pour lui, d’ouvrir la porte vers d’autres études sur des aspects qui ne sont pas bien connus. «C’est aussi une manière d’inciter les jeunes chercheurs marocains à s’intéresser à l’Amérique latine et son aspect moresque ainsi que celui du Maroc, qui est le seul pays qui reconnaît cet héritage moresque et juif dans sa Constitution. D’autant plus que nous sommes le seul pays hispanophone dans le monde arabe», ajoute l’auteur qui rappelle les relations profondes entre l’Amérique latine et la communauté juive marocaine ainsi qu’avec le Royaume. «Ce livre n’est qu’un début», enchaîne l’écrivain qui n’est pas à sa première publication. Il a, entre autres, écrit un livre sur Claudio Bravo, artiste-peintre chilien ayant vécu au Maroc. «Je travaille sur les relations entre le Maroc et l’Amérique latine, la culture, l’héritage moresque et juif ainsi que des intellectuels fascinés par le Maroc», conclut le diplomate.

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