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Nuheyla, le cinéma dans la peau

Nouhaila Aouatif, alias Nuheyla, est une jeune réalisatrice en herbe. Son parcours est riche de formations. Son premier film d’horreur est disponible chez Amazon Prime depuis l’été. Son but ultime serait de réaliser des long-métrages au Maroc ou ailleurs.

Nuheyla est une jeune réalisatrice qui commence doucement mais sûrement dans le domaine du cinéma. Son concept «Elevate Your Taste In Movies» ou «Améliorer vos goûts en cinéma» connaît un succès sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram. Elle produit des récits et des histoires farfelues autour de films dérangeants.

La jeune a tout commencé lorsqu’elle habitait à Los Angeles et travaillait dans une agence d’influenceurs. «Mon patron m’a encouragée à recommander des films sur Internet au lieu de rabattre les oreilles de tout le monde au bureau», raconte-t-elle. Selon elle, il y a beaucoup d’œuvres qui ne reçoivent pas assez d’attention. «Je me concentre plus sur le cinéma d’auteur, les films un peu dérangés ou les films dont on entend parler seulement après obtention d’un 0scar ou une Palme d’or, ou encore des vieux classiques oubliés par les dernières générations», explique-t-elle.

Il faut dire que sa passion pour le cinéma est née avant qu’elle puisse prononcer des mots correctement. «J’avais commencé en regardant avec ma grand-mère les après-midis des films égyptiens. Mais ma passion a réellement fleuri lorsque j’ai vu Harry Potter 2 au cinéma avec mon père et ma sœur. Je n’avais jamais vu quoi que ce soit d’aussi grandiose, et je n’avais que 6 ans à l’époque. Je me suis intéressée de près aux coulisses des longs-métrages et observais avec attention la réalisation jusqu’à en perdre la tête», se souvient-elle.

Le principe de relater une histoire et ressentir autant d’émotions à travers une combinaison de sons, d’expressions faciales et de décors était pour elle irréel. Elle est passée au montage peu de temps après, jouant avec ses vidéos de vacances de famille, et puis à l’écriture de petites histoires lorsqu’ elle était au collège. «J’inventais des récits un peu drôles qui tenaient lieu dans mes cahiers de devoirs. Ce n’est qu’au lycée en poursuivant l’option cinématographique et visuelle que je me suis rendu compte de l’importance du cinéma dans ma vie. Il m’a accompagnée pendant tant d’années, étant mon ami le plus proche durant certaines périodes. Un art qui en rallie d’autres et communique des idées profondes destinées à tous, qui est devenu indispensable de nos jours», dit-elle.

Son premier film d’horreur disponible chez Amazon Prime
La jeune Nuheyla a un parcours riche de formations. D’ailleurs, sa première œuvre est un documentaire sur le cinéma au Maroc réalisé dans le cadre d’un projet scolaire en 2012. Puis, elle obtient son bac français en sciences économiques en 2013, et poursuit un bachelor en management de l’International University of Leadership à Rabat au Maroc. «Mes parents n’étaient pas friands de me voir plonger dans le cinéma directement après le lycée, ayant peur que ça ne marche pas immédiatement», avoue-t-elle. Après sa graduation en 2017, elle s’inscrit à l’Université de Québec à Montréal où elle obtient un certificat de scénario et réalise un court-métrage silencieux. «Je m’envole en Floride aux Etats-Unis en 2018 pour poursuivre un master en film production de l’université Full Sail. Je m’intéresse de près à la production, je réalise deux courts-métrages silencieux et j’en produis quatre parlants durant mes deux ans d’études». Malheureusement, juste après la cérémonie de son master, la pandémie a tout chamboulé et a ralenti sa carrière, mais elle n’a pas perdu espoir. «L’automne qui a suivi le confinement, j’ai été contactée par un ancien camarade, Jeff Van Gerwen, réalisateur canadien qui cherchait un producteur pour son premier long-métrage d’horreur. J’ai évidemment accepté et nous avons achevé notre projet ensemble avec très peu de moyens et beaucoup de contraintes. En septembre 2021, je m’envole à Los Angeles pour vendre notre projet au marché du film de Santa Monica. On le licencie à un service de streaming appelé «Tubi» et j’emménage dans la même ville. Un an et demi plus tard, on le licencie à Amazon Prime où il y est disponible depuis l’été», confie-t-elle.

Influencée par Bensaidi, Haneke, Coppola et autres
La jeune cinéaste tire son inspiration d’un bon nombre de réalisateurs marocains à l’instar de Faouzi Bensaidi. «Je trouve qu’il n’y a personne de plus poétique que ce grand réalisateur. Il a un œil à part et un profond respect pour le cinéma. J’aime énormément les cinéastes qui challengent les normes tout en innovant leurs techniques de tournage et de récit visuel. Il y a aussi beaucoup d’artistes de cette nouvelle école, notamment Alaa Eddine Al Jem ou Sofia Alaoui qui ont tous les deux choisi de raconter une histoire dans des endroits isolés du Maroc et qui ont démontré beaucoup de magie et d’expertise», atteste-t-elle.

Au plan international, elle admire énormément Michael Haneke, qui est très provoquant, selon elle, dans le choix de ses histoires. Elle aime également des réalisateurs asiatiques comme Wong Kar Wai avec un style visuel très prononcé. Quant aux choix américains, elle cite Francis Ford Coppola ou Stanley Kubrick. «Ces réalisateurs ont toujours eu la subtilité de créer des classiques intemporels pour les générations à venir». En tout, la jeune se disait très fière et reconnaissante d’avoir commencé sa carrière par la production car elle lui a appris le côté dissimulé du cinéma. «Il est certes administratif, mais l’on apprend à gérer un stress insurmontable, le leadership, à connaître son équipe, à comprendre le rôle de chaque département même ceux qui ne sont pas souvent reconnus et à les respecter». Idéalement, elle aimerait écrire pour elle ou pour d’autres artistes des histoires simples mais à connotation puissante. Son but ultime serait de réaliser de longs-métrages au Maroc ou ailleurs. Sa passion pour le cinéma n’a jamais eu de frontières, elle n’aimerait pas que sa carrière soit limitée à une langue ou à une région.

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