Nuri Bilge Ceylan, Une palme pour un cinéaste de génie

Nuri Bilge Ceylan, Une palme pour un cinéaste de génie

Quand je l’avais interviewé il y a trois ans à Marrakech, le cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan, auteur de « Uzak », « Les trois singes » et « Il était une fois en Anatolie », entre autres, avait insisté sur l’humain dans le cinéma. Sans cet élément qui parle de la vie des autres, de la nôtre, à travers les autres, il n’y a pas de cinéma d qui vaille. Aujourd’hui, il est récompensé de la Palme d’Or du festival de Cannes 2014 pour son dernier film : Winter Sleep (Sommeil d’hiver dont le titre original turc est Kis Uykusu).

Nuri Bilge Ceylan est l’un des plus grands cinéastes vivants. Un cinéma au plus près des hommes. Un cinéma sans compromis. Intelligent, avec un regard subtil sur le monde, l’actualité et l’avenir.  Déjà dans « Kasaba » ou encore « Nuages de mai », on avait senti à qui on avait affaire. La Turquie, terre natale de Yilmaz Gunay, déjà Palme d’Or à Cannes pour l’inoubliable « Yol », sait donner des réalisateurs avec un regard universel.  C’est dans cette ligné qu’il faut comprendre le cinéma de Nuri Bilge Ceylan.

Grand Prix du jury en 2003, Prix de la mise en scène en 2008 et encore Grand Prix en 2011, c’est un habitué aux honneurs que Cannes place dans la liste très fermée de ceux qui ont inscrit la fameuse Palme à leur parcours. Ses sujets de prédilection sont simples : la difficulté de vivre aujourd’hui et les relations humaines complexes. Comme dans ce sommeil d’hiver où il a rendu un hommage magnifique à la jeunesse turque face au gouvernement islamiste, mené par Recep Tayyip Erdogan. Nuri Bilge Ceylan l’a bien souligné après son prix.

Il dédie cette distinction à « la jeunesse de Turquie, et à ceux d'entre eux qui sont morts au cours de l'année passée » pendant les manifestations contre le gouvernement de l'AKP. Ce film qui raconte comment le gouffre s’est creusé entre les adultes qui ont de quoi se retourner et les jeunes qui ne possèdent rien, est un hymne au courage des plus jeunes qui ne sont pas épargnés par la modernité. Un monde mercantile qui les broie sous son rouleau compresseur. En tout cas Cannes salue le courage, la force du propos et la profondeur d’une œuvre déjà inscrite dans le futur.

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