Culture

Oum Kaltoum : Trente ans déjà …

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Trente année après sa mort, Oum Kaltoum demeure toujours la reine des coeurs arabes. D’une famille pauvre et très pieuse, Oum Kaltoum Ibrahim Al-Sayyid Al-Baltaji est née en 1904, dans un petit village à Tammayet Al-Zahira dans la province de Dakahlièh, en Egypte. Son père, imam de la mosquée du village, était son premier professeur de chant, il lui apprenait la récitation et la lecture des textes coraniques. Et c’est en psalmodiant le Coran, qu’elle découvrait sa sensibilité au chant, à la musique et à la splendeur de sa voix.
Étant enfant, et habillée en garçon, elle animait dans des villages des fêtes profanes et religieuses aux côtés de son père et de son frère. En 1923, la famille a décidé de s’installer au Caire, pour offrir de nouveaux horizons à sa fille, pour épanouir ses dons et ses talents. Elle fut immédiatement remarquée pour la beauté de sa voix. Alors, elle a décidé de suivre des cours de chant et de poésie, notamment avec le grand poète Ahmad Rami, puis d’engager une troupe de musiciens pour l’accompagner. Avec cette nouvelle formule et une plus grande maturité de sa voix, elle devint rapidement populaire. En 1928 elle fut définitivement reconnue parmi les professionnels du Caire. Dès 1934, elle a commencé à se produire régulièrement à la radio nationale égyptienne, puis au cinéma à partir de 1935. La radio lui a permis de s’adresser à un plus large public dans tout l’Egypte et à l’étranger. Le succès croissant des années 30 lui a permis de prendre en main le contrôle de sa carrière.
Ainsi, en 1938, elle devint son propre producteur et elle négocia elle-même ses nouveaux contrats. Entre les années 40 et 50, Oum Kaltoum a connu une période de succès ininterrompu, toutefois cette gloire fut marquée par des problèmes de santé à partir de 1937.
En épousant, en 1954, le docteur Hassan El-Hifnawi, Oum Kaltoum a mis fin à une longue série d’échecs sentimentaux, de projets de mariage avortés et même d’un mariage annulé au bout de quelques jours.
Durant toute sa carrière, elle s’est entourée des plus grands poètes (Ahmed Rami, Ahmed Chaouki) et compositeurs arabes (Zakaria Ahmed, Riad Essoumbati, Mohammed Abdelwahab) et a consacré sa voix au service de l’amour et de la cause arabe.
Quand elle chante, elle saisissait les auditeurs par la portée de sa voix, où elle dégage une forte émotion imprégnée d’amour puissant et brûlant. Tout le monde l’aimait et l’admirait. Personne ne pouvait rater l’une de ses interprétations que ce soit dans les cafés, les théâtres ou même à la maison devant les postes de radio. Son répertoire est puisé dans la grande et riche poésie arabe classique. Ses chansons sont connues par leur longueur et leur difficulté d’interprétation. Pendant environ une heure, elle chante avec une capacité étonnante. Elle jouait avec sa voix en innombrables variations, tel est le cas pour sa fameuse chanson « Al Atlal » (les ruines).
« La cantatrice du peuple » avait un mystérieux pouvoir d’envoûtement sur les auditeurs, aussi bien grâce à sa voix magique qu’aux thèmes de ses chansons authentiques : l’amour et le sentiment religieux.
Après la révolution égyptienne de 1952 et surtout après la défaite dans la guerre de 1967 contre Israël, le patriotisme d’Oum Kaltoum s’est manifesté par son action à l’étranger pour venir en aide à sa patrie. Elle a effectué une tournée dans l’ensemble du monde arabe, donnant la recette au gouvernement égyptien et défendant partout où elle passait son pays. Cet enthousiasme lui valut le surnom de « Voix et visage de l’Egypte ».
Auprès de son ami et complice, le président égyptien, Jamal Abdel Nasser, ils furent tous deux un symbole de l’unité nationale.
Lors des années 70, sa santé se dégradait jour après jour, perturbant sa vie professionnelle et la contraignant à annuler certains concerts. Le 21 janvier 1975, une attaque violente la saisit, et la conduira à sa mort le 3 février 1975. Les journaux et toutes les radios du monde arabe informent leurs auditeurs, minute par minute, de l’état de sa santé, et c’est une foule de plusieurs millions de personnes qui accompagnent ses funérailles dans les rues du Caire lors de son enterrement. Des funérailles dignes des plus grands dirigeants politiques et grands hommes de l’Histoire humaine confondus.
En 1967, «Le Figaro» a écrit : « La Callas, plus Edith Piaf, plus Mahalia Jackson et l’on aurait à peine une petite idée de ce que représente Oum Kaltoum ». C’est ainsi qu’était la grande Oum Kaltoum et s’est ainsi qu’elle restera dans le coeur et la mémoire de chaque arabe.

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